dominiquePar Dominique Stumpert (guide de haute-montagne du Pays des Ecrins) 

Chose promise… Voici le récit véridique de l’odyssée de Dominique Stumpert, et de ses compagnons, par l’authentique « Dom » Stumpert soi-même, inventeur et initiateur d’un raid instructif où le « pire » ennemi de l’homme n’est pas la nature mais le progrès secrété par l’homme. A défaut de photos, veuillez croire en l’authenticité des images jaillies de la plume de la sincérité faite guide. Et homme. Carnet d’aventure en forme de course d’obstacles. Et ça commence près de chez vous, à un péage.

Jour 1 : de Sisteron à Tallard

4h ; réveil attendu… Je suis debout avant qu’il ne sonne, c’est le grand jour !

4h15 ; appel de notre chauffeur, Dino, qui souffre d’une terrible rage de dents, et qui ne pourra pas nous accompagner. Cela commence bien ! Nous improviserons sur place (copains ou auto stop).

5h; ramassage « scolaire » des compagnons. Deux voitures sont nécessaires (Jacqueline et moi), pour les skieurs et leur matériel. Bonne ambiance et première blagues. La nuit nous empêche de voir l’état d’enneigement des bords du lac de Serre-Ponçon. C’est l’endroit le plus délicat, niveau d’eau assez élevé, schistes noirs, ensoleillement maximum…

7h; rendez vous au péage de Sisteron où nous rencontrons Monsieur Jean Beverragi du Comité Départemental du Tourisme, accompagné d’un journaliste du Dauphiné Libéré et de Christophe Rosanvallon. En quelques minutes, nous finalisons les sacs. Apparemment, aucun autre skieur ne se joindra à nous aujourd’hui.

7h15. Nous quittons le péage, pour la limite du département à 3,5 kilomètre de là, sur la RN 85.

7h30 ; moins 12°. Tous nos vêtements sont sur nous, et nous sommes impatients d’entrer en action. Photo au jour naissant sous le panneau des Hautes Alpes, en présence de notre petit comité d’accueil. Christophe, venu tourner quelques images du début de ce périple s’est pris au jeu. Il restera toute la matinée, nous filmant de place en place au fil de notre progression, petite tache orange que nous avons appris à repérer dans ce paysage de neige.

7h35. La neige elle, est abondante et de très bonne qualité. Elle porte et nous permet, en glissant rapidement entre bois et vergers, de gagner les rives du canal de la Durance un peu en aval du village du Poët. Notre objectif est de suivre le canal jusqu’à La Saulce, puis de gagner Tallard par le domaine de Trébaudon.

Ce matin, dans la voiture, Didier me faisait part de sa crainte « de ne pas avoir de vue » à cause de notre cheminement en fond de vallée. La surprise est de taille, car le canal offre un espace dégagé surplombant la vallée de quelques dizaines de mètres.

Les paysages sont grandioses; lever de soleil sur les montagnes de Mare et de Chabre au sud, vastes crêtes de l’Aup à l’ouest enserrant les villages perchés prisonniers des neiges, maisons Provençales aux chaudes couleurs rehaussées par ce blanc océan, quiétude des eaux calmes du canal, et partout, au delà des vergers, des dizaines de sommets aux apparences « himalayennes ».

Figés dans le froid et éclaboussés de soleil, Upaix et Ventavon glissent dans le décor à notre gauche. Nous progressons à bonne allure face à un petit vent du nord mordant, qui, ajouté au chuintement de nos skis sur la neige dure et à nos éclats de voix, nous empêche d’entendre l’autoroute, pourtant proche.

En passant près d’un pommier chargé de fruits pourris restées accrochées à l’arbre, Marcel (Molinatti) nous fait partager ses souvenirs d’enfance. Ils nous propose de manger ces pommes pourries !

–Non M’sieur, ce ne sont pas des pommes « pourries », mais des pommes « gelées ». Il ne faut pas manger la pulpe sous peine d’ennuis de transit (apparemment, il en a l’expérience…), seulement en retirer le jus sucré, glacé et légèrement fermenté. Nous suivons son exemple et goûtons. C’est un vrai cidre frappé. Délicieux. 

12 h 17. Déjeuner sans façon sur un talus bordant l’autoroute, à l’abri d’un petit bunker en béton qui nous coupe le vent. Quelques véhicules klaxonnent joyeusement en nous apercevant, enfin ceux dont les chauffeurs ont lu le journal…

Réconfortés par cette halte et le casse-croûte, nous reprenons sereinement le chemin du Nord.

13h05. Las, nous n’avions pas remarqué sur nos cartes que le canal, à hauteur de Plan de Vitrolles, passe en siphon sous une petite rivière, Le Déoule. Elle est peu profonde, mais, eu égard au froid, aucun d’entre nous n’accepte de se mouiller les pieds. Un peu de réflexion, quelques astuces et un bon plan d’action viendront à bout de cet obstacle peu commun.

13h30.Le pont de la D220 enjambe l’autoroute, qui elle-même passe sur Le Déoule. D’abord, les consignes : désescalade du pont, regroupement derrière la haie de cyprès, récupération du souffle et des esprits… Puis sprint de 30 mètres sur la bande d’arrêt d’urgence, histoire de ne pas y traîner trop longtemps, des fois que…

Et…nous sommes pris sur le fait par une équipe de patrouilleurs de l’autoroute… Aïe aïe : je n’aime pas qu’on me tire les oreilles.

–Promis, c’était exceptionnel, il ne faut pas le faire et on ne le fera plus !

(Ndlr :Semonce sans PV. Est-ce qu’on vous retire des points sur le permis de skier ????) 

13h50. Une clôture plus loin, nous voila repartis de plus belle, jusqu’à ce que, cette fois, l’autoroute enjambe le canal. Là, pas la moindre chance de ruser, même un souriceau ne pourrait passer. Pourtant, les poutrelles métallique du pont laissent accessible un trottoir pour équilibristes, très étroit, juste au-dessus de l’eau, sans rambarde. Si tu glisses, tu te baignes ! Analyse des enjeux et gestion du risque, réconfort des indécis et nous voici de l’autre coté.

15 h 30.Les vergers se succèdent. Pommiers à l’écorce rose, poiriers à l’écorce rugueuse. Une habitante nous conseille « son » meilleur chemin, en rive gauche de la Durance. Nous avions prévu de passer en rive droite mais c’est très « encombré » (autoroute, péage, nationale, lac de retenue du canal…), et nous nous rangeons à son avis.

16h30. Près de la Bonne Mére, des arboriculteurs en train de tailler leurs arbres nous saluent du haut de leurs plates-formes roulantes, alors que nous glissons vers Curbans. Le temps d’admirer église et chapelle, d’empêtrer nos skis sur les rives boisées de cette Durance sauvage, le soleil décline déjà. 

17h00. Fièrement perché, le château de Tallard accroche les derniers rayons. Fourbus, nous nous hâtons vers le village où nous nous hydratons abondamment. Le repos nous attend.

18h00. Bonne journée dans les jambes, l’étape s’est globalement déroulée comme prévu : 42 km ont été parcourus, et — malgré mes espoirs– pas un de plus qui nous avancerait pour demain…

21h00. Nous passons la nuit à l’aérodrome de Tallard, dans un appartement loué pour une seule nuit.

A Suivre…

dominique
Par Dominique Stumpert, guide de haute montagne.

L’usage veut que l’on commence par le début, mais ce récit-là et sa leçon méritent de s’assoir sur l’usage. C’est l’histoire d’une traversée en ski nordique d’un département alpin, les Hautes-Alpes, par un guide rompu aux premières à travers la planète montagne. Ce pourrait être banal, c’est le contraire. Lisez la conclusion de Dominique Stumpert et demain on refait l’itinéraire de l’aventure avec lui et ses compagnon. Une aventure ? Oh oui. Une leçon de géographie humaine. Extrait.

Sur près de 190 km, et 1500 mètres de dénivelée, entre 500 et 2000 m. d’altitude, nous avons pris le temps de mesurer les traces de l’occupation humaine, intégrées ou non au paysage.

Travaux titanesques ou discrets pour disposer de l’eau (irrigation et énergie), parfois d’accès défendu, entretenus ou rendus à la nature.

Vignobles florissants de La Saulce, Trébaudon, Valserres, survivants à Châteauroux et Saint Clément, ou renaissants aux Vigneaux et à Villard Meyer où Didier vient de replanter quelques pieds d’un robuste cépage…

Petites ou grandes, les routes sont partout. Certaines forcent au meilleur endroit et de manière stratégique les étroitures de la vallées. Si, au volant , nous n’en avons plus conscience, l’emplacement des châteaux et fortifications peuvent nous les rappeler.

Bien qu’ayant pris le train à de nombreuse reprises, nous avons redécouvert une partie de la ligne Gap-Briançon, plus exactement entre Châteauroux les Alpes et Eygliers. A l’instar de la vallée de Chamonix (où le train est gratuit pour les vacanciers qui y séjournent), nous avons évoqué la possibilité d’exploiter à des fins touristiques ce beau tracé ; pour les navettes des sports d’eau vive, le VTT, la randonnée, les visites du patrimoine, etc… Et pourquoi pas avec une vieille locomotive à vapeur et des wagons panoramiques (nous en avons vu circuler sur des lignes aux paysages nettement moins variés). Il est facile de rêver.

Et puis, nous avons rencontrés des habitants ; qu’ils prennent le soleil en début d’après midi ou qu’ils taillent les vergers dans l’air glacé du matin, qu’ils distribuent le courrier, dament ou assurent la sécurité sur les pistes de ski, entretiennent les voies, enseignent, élèvent leurs enfants, travaillent dans le tourisme ou l’information, en retraite, déneigent les routes, tiennent un bar, louent du matériel, Hauts Alpins d’origine ou d’adoption, mais tous Hauts Alpins de cœur.

Je n’ai pas trop parlé de la météo, c’est parce que c’était comme d’habitude en cette saison, grand bleu, bien blanc, bien froid.

C’est déjà fini ? (La traversée a été effectuée par Dominique et ses compagnons en janvier, ndlr.)

J’aime beaucoup la définition suivante de l’aventure :

« L’aventure, c’est quand on ne sait pas comment cela va se terminer ».

Je ne sais pas à qui on la doit, mais je la trouve juste.

Bien que l’on connaisse l’inéluctable fin de tout être vivant, on ne sait ni quand ni comment notre vie va se terminer. Pour moi, la vie elle-même est une aventure.

Alors pour le « C’est déjà fini ? » Eh bien, non. Ce moment est passé, oui, mais maintenant nous allons pouvoir vivre avec ce qu’il a laissé en nous…et l’aventure continue.

Alors demain on recommence au jour 1… Prêts ?

jan
24
Classé dans (Histoires de Montagne, Non classé) par Ecrins le 24-01-2010

On pourrait appeler ça une cote d’alerte. Nos ordures débordent jusque par dessus le Toit du Monde, le sommet de l’Everest, à plus de 8000.  On a souillé la « mère des vents », nom tibétain de la montagne. Logique que ça ne sente pas la rose ici bas.

Plus de deux tonnes de « détritus » abandonnées. Des bouteilles d’oxygène, des tas de cordes, des vieilles tentes, des drapeaux de prière, « et au moins deux cadavres », recense Namygal Sherpa, 30 ans, qui a gravi déjà sept fois l’Everest.

Namygal va conduire, entre avril et la mousson, une expédition népalaise d’une vingtaine de membres dans ce qu’on appelle la « zone de la mort », là où l’oxygène se fait trop rare pour vivre. Objectif redescendre les déchets à raison de 15 kilos par homme à chaque voyage. Un curieux challenge.

Cette expédition sera une première, une vraie « audacieuse et héroïque » avoue le Sherpa. Tout ça pour quoi ? Récemment sur le Web, une amoureuse de la montagne confiait son désarroi. Elle venait de visionner un documentaire célébrant l’ascension de l’Everest pas un groupe d’alpiniste roumaine, au prix de la vie d’un Sherpa. Tragédie sobrement éludée par le commentaire tout à la glorification du pseudo exploit des roumaines. Qui ignore encore que de parfaits néophytes sont couramment « hissés » là haut, juste une question de fric. On se doute que bien des agences de trekking avec pignon sur sommet omettent de vérifier que les Sherpas bénéficient d’une assurance au profit des éventuelles veuves et orphelins… Est-ce que ça refroidit leurs fortunés clients ?

Donc que les Sherpas vivent et crèvent de la conquête de l’inutile, on le savait. Ce qui est nouveau c’est qu’ils se transforment en éboueurs de l’impossible, à nouveau au péril de leur peau pour ramasser la m… laissée par leur glorieux « clients » dans le giron de la Mère des Vents.

« Vous êtes priés de laisser les lieux aussi propre que vous souhaiteriez les trouver ». C’est le genre de panonceaux que l’on trouvait dans les WC des bistrots de campagne autrefois. Apparemment, ce genre de sagesse n’a jamais atteint le cerveau de prétendus alpinistes… Au moins ceux qui tels Strangl affrontent l’Everest sans assistance respiratoire ne laisse pas derrières eux leurs bouteilles vides et même peut-être consignées.

 

 

nov
19
Classé dans (Histoires de Montagne) par Ecrins le 19-11-2009

tomazhumar
 « This is my last… » Ma dernière…. Mon dernier…. Nul ne saura jamais ici bas ce que Tomaz voulait désigner dans son ultime message transmis par téléphone satellite le 9 novembre dernier. Pas besoin d’imaginer, hélas.

Le 14 novembre 2009, un hélico, avec des proches à bord, repérait son corps à 5 600 m sur les pentes du Langtang Lirung (7 227 m, Népal).

Il avait fêté ses 40 ans en février dernier, broyait volontiers la main qu’il serrait, disait entendre des voix qui l’appelaient vers l’Himalaya, racontait des histoires de troisième œil –si j’en crois la nécro publiée dans Le Monde par Charlie Buffet.

Tomaz Humar était la star slovène de l’alpinisme, un absolutiste limite mystique assumé, soloïste engagé au-delà de toute raison. « One way ticket » disait-il

Aller sans retour… Gloire nationale dans son pays, Tomaz était du genre à débrancher sa radio pour ne pas entendre un quelconque avertissement dans une ascension de l’Annapurna. C’était en 1995. Tempête. Il était sorti seul par le sommet quand ses compagnons humains avaient fait demi-tour.

Du genre aussi à s’opérer soi-même, au couteau,d’un abcès dentaire lors d’un séjour contraint et forcé de 7 jours dans la paroi sud du Dhaulagiri (8 167 mètres) en 1999.

En 2005, toujours en solo, le Slovène avait bénéficié, dans le Nangat Parbat (Pakistan), de ce qui demeure à ce jour le plus haut hélitreuillage jamais réalisé :  5 900 m. Une date qu’il célébrait comme une « deuxième naissance » (à lire sur www.nationalgeographic.com/adventure/0512/features/tomaz_humar.html

Entre temps, en 2000, il était tombé de son toit, chez lui. Depuis,  il lui était,  écrit Charlie Buffet, « plus facile de grimper que de marcher »… « Les montagnes sont le seul endroit en je me sente proche de moi », affirmait le Slovène sur son site Web.

 Jusqu’où faut-il se découvrir pour se perdre à jamais ? Existe-t-il des relevés mensuels à la banque de la chance pour savoir où en est son capital ?

PS. La trajectoire de Tomaz me fait encore mieux appréhender rétrospectivement les angoisses partagées avec Annick Estienne, certains soir de veillées aux Vigneaux durant l’expédition Un Rêve de Darwin. Et louer haut la prudence professionnelle d’Yvan Estienne, guide au pays des Ecrins et chef d’expé, grand dans sa noblesse du savoir renoncer.

La conquête de l’inutile ? Merci, on a déjà donné. Combien faudrait-il de Tomaz défunts pour « vaincre » la cordillère Darwin ?

grande-muraille-de-chine1

Un commentaire laissé sur ce blog aujourd’hui par notre nouvel ami Luis Azua, vieux complice d’Yvan Estienne et guide franco-chilien, me fait rebondir sinon bondir. Luis poursuit un trek au long cours dans les montagnes du Yunnan au Sud de la Chine…

D’abord, Luis explique pourquoi il emploie dans ses messages le féminin accolé au nom Darwin.

Quelqu’un disait que cette chaîne se laissait seulement « caresser »…  (ndlr, ça on l’a bien vu Luis, rude caresse en retour). En fait pour nous, au Chili, nous la connaissons simplement comme « La cordillera de Darwin »… Cordillera est du  féminin : d’où vient le terme familier de « la » Darwin que j’emploie comme tous les Chiliens…

Mais ce n’est pas ça qui  m’a fait sursauter, au fond je m’en doutais…Non c’est la suite…

–C’était difficile d’avoir des nouvelles de l’expédition par le site http://www.unrevededarwin.fr. Problème propre à la Chine ? s’interroge Luis.

La question de Luis n’a rien d’absurde : pour endiguer la libre parole (certains mots sont tabous à Pékin, Tib…, Dalaï L…, Dro… de l’Hom…) qui s’écoule sur Internet comme un fleuve en cru, les autorités de la République populaire ont dressé un barrage. En termes techniques, un « fire wall ». Un pare-feu.

A l’extérieur on lui a donné un petit nom : « la Grande Muraille pare-feu de Chine ». C’est ironique, car la Grande Muraille, la vraie, en pierre, celle que l’on voit depuis la lune dans les légendes urbaines (car c’est archi-faux), n’a jamais empêché aucune invasion. Elle sert aujourd’hui à vendre des cartes postales et de squatt à d’ « impudents » randonneurs étrangers ! Ci-dessus une amusante version Aqualand (un montage bien sûr). Tout un symbole.

N’empêche, ce système que les derniers mandarins  de la dynastie décadente post-maoïste ont poétiquement baptisé « Bouclier d’or » a pour résultat de « bloquer » l’ouverture de certains sites choisis sur le Web, depuis les PC situés sur le territoire chinois. Sur la base du nom de domaine (exemple http//www.machintruc-tibetlibrebordel.com/) avant tout. En Français on dit censure.

Je conjecture : le mot « Rêve » serait-il proscrit par les héritiers de la Longue Marche et de son avatar sanglant, je veux dire la Révolution culturelle ? Pas impossible si l’on en croit Luis. Pas impossible encore que le mot Darwin ait aggravé le cas du Rêve Interdit.

Pensez-vous, Darwin, un représentant de l’idéologie impérialiste  professant que dans l’évolution des espèces les mâles dominants roulent dans des Ferrari rouges pour mieux transmettre leurs gênes égoïstes. Bouhhhhhhhhh, c’est pas en Chine qu’on verrait ça, hein, des milliardaire rouges  draguant la fleur de lotus en bouton dans des Ferrari itou et même pas honteux d’avoir leur carte du PCC.

Précision importante : www.unrevededarwin.fr était disponible au moindre clic depuis n’importe où sur la planète, d’Ushuaïa en Alaska. Sauf en Chine… Un problème technique, ben voyons l’informatique c’est pas fiable…

Ici faut pas rêver camarades. Darwin, porc révisionniste, au bûcher, allez zou !!!! Si on rajoute en plus le « .fr » comme France où tout un tas de crapules petites bourgeoises s’entichent d’un mec à lunettes qui sourit tout le temps bien que son pays soit envahi depuis des décennies, d’un type louche qui offre des écharpes à tous ceux qu’il rencontre (vous l’avez reconnu).  Bien sûr, là je parle au nom de mes amis de Pékin, hein, ce n’est pas moi qui le dit, on ne confond pas.

Concrètement, donc, certains mots écrits sur le Web, l’Internet, ne franchissent pas le pare-feu de la grande Chine nouvelle. Apparemment  c’est le cas pour la phrase « Un rêve de Darwin.fr ». Pour contourner l’obstacle, le franchir à tout prix, des petits malins utilisent une arme : « l’anonymiseur » de site.

En gros, un site d’appellation anodine qui sert de cheval de Troie au contenu interdit comme la Cité du même nom pour mieux s’y faufiler et prendre les abrutis à revers.

C’est ainsi que ce blog que vous lisez a servi d’anonymiseur au Rêve de Darwin, de cheval de Troie à l’expé française conduite par Yvan Estienne dans le pays aux dirigeants les plus gâteux du monde. Et j’en suis heureux.

Parce qu’Yvan qui croyait marcher sur un glacier  dansait en fait sur un volcan politique….

Parce que www.ecrins-leblog.com ça parle des Ecrins à sa manière mais ça ne craint pas, apparemment pour les descendants édentés mais sournois des « Gardes Rouges ». Doivent croire que c’est un site marchand pour camelote cheap genre Gagata et bijoux tocs. Tant mieux..

Tant mieux, si ce blog, mon pote depuis trois mois sonnés maintenant, n’a servi qu’à ça : faire sa petite brèche à lui dans la Grande Muraille de la Connerie , à l’heure où l’on célèbre les 20 ans de la chute du mur de Berlin justement.
Bien content, flatté, réjoui même que Luis finisse son petit mot par ça :

–Donc heureusement, à travers vous, j’ai pu savoir plus des activités de nos amis depuis le Yunnan. Merci pour votre site, je n’ai pas été deçu du tout ! Hasta pronto.

Le blog des Ecrins et moi te remercions, gracias Luis, poursuit ta longue marche à toi. J’espère qu’ils ne t’emmerderont pas à cause de ce billet (en fait pas de risque puisque c’est un cheval de Troie, vous verrez même pas une plainte de l’ambassade de Chine).

Pour fêter ça des images d’il y a 20 ans qu’on ne se lasse pas de voir et revoir. Beau comme une sortie au  sommet du Pelvoux quand le jour se lève.

Bientôt le tour de la Grande muraille de la Crétinerie Céleste…(et je compte sur Google pour traduire aux intéressés). 

PS – Pour qu’il n’y ait pas de confusion, je persiste et je signe : Jean-Pierre Pustienne (les Ecrins n’y sont pour rien, ni Yvan, ni personne) que le signataire.

Et j’ajoute vive le Tibet libre de croire au drôle de bonhomme qui distribue des écharpes même à ceux qui ne sont pas ses supporters.

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« EXPEDITION « LE REVE DE DARWIN »
Ils sont revenus, il y a quelques heures »…

C’est le titre du joli article du correspondant du Dauphiné ce matin du 4/11 dans l’édition du 05, Hautes-Alpes. Chapeau Robert Gerbet. Tout est dans ton « papier ».  

Les cartes existantes très succinctes (et contradictoires), les trois semaines perdues en mer, un glacier grand comme tous ceux des Alpes réunis et casse-gueule comme pas un,  l’imprévisibilité de la météo, les cols qui finissent en impasse, le taux d’humidité associé (comme un malfaiteur)  au refroidissement éolien pour descendre, en direct live, à du  -45° (à 500m d’altitude !)

Merci Robert de me ramener à l’essentiel. Et comme je suis un vrai « ingrat », je te « pique » la photo (promis je te la revaudrais au Kiosque) où les cinq aventuriers de « la » Darwin (comme dit Luis, voir billet précédent)  pose devant l’âtre de cette Maison Estienne où Annick et moi avons passé quelques soirées de « conjecturations », un mixte anxieux de conjectures et de conjuration.  D’un  malheur évité, grâce à la vigilante expérience d’Yvan. Ouf. Il avait juré qu’il ramènerait son monde vif et sauf. Devoir de guide. Mission accomplie. Pro de chez pro.

–Je suis que sûr que notre histoire va relancer une course à la traversée de la Cordillère Darwin, me disait hier soir Yvan. Je le crois volontiers.

 Sixième personnage (septième avec la cheminée…)  de l’expé sur ton image, Robert, la guitare de Dom (inique). Ecoutez… Ses cordes ont joué leur partition quand il s’agissait de dénouer les nerfs à la veillée. En rêve, j’entends leur écho dans la cabane de l’estancia de la Bahia Yendegaïa, le domaine du gaucho José, si près, si loin déjà.

Il faudra que je parle longuement de « Dom » : il y a quelque chose de Riccardo Cassin en lui –cette noblesse sans phrases du boulot bien fait, en ouvrier qualifié–  dussé-je violenter sa bonhommie sereine qui n’égale que son équanimité souriante. Un grand guide, sûr,  à qui je confierais mes pas sur tous les glaciers du monde. Et ceux de mes enfants. Comme aux autres membres du team (Pascal, Hubert, Stéphane : je vous appelle demain juré).

Reprenons notre discussion avec Yvan. Où en étions-nous ? Ah oui, le temps…. La durée….L’attente…

–La première de l’Ama Dablam au Népal dans laquelle j’étais (il y a 30 ans, 1979), c’était du ric-rac.  Nous sommes sortis par le sommet  à la dernière minute …C’est souvent comme ça. Ca passe, quand ça passe, à l’ultime instant. Dans la Cordillère Darwin, c’est vrai qu’idéalement il aurait fallu patienter des mois, à condition de tenir moralement. On en parlait tout à l’heure. Mais les billets d’avion sont chers, c’est pour ça aussi qu’on peut comprendre les deux Yann (Estienne, son fils qui s’affute sur les Torres Del Paine, et Michalet) d’en profiter un peu plus…

A ce point de la conversation, Robert du Dauphiné me tend la perche : « Et demain ils reprennent leur boulot de guides ». On allait l’oublier. Attention, ici « spoiler » comme on dit chez les amateurs de séries télévisée à suspense, ce qui suit en l’occurrence peut polluer  d’une certaine manière la légende, celle qu’il faudrait toujours écrire pour vendre du papier  (mais on n’est plus au Far-West, non ?).

–Il faut bien vivre aussi. Une expé comme ça (malgré les sponsors, les subventions et tout, ndlr) signifie deux mois de manque à gagner pour un guide de haute montagne. Non seulement, ça ne rapporte rien mais certains y ont été de leur poche, témoigne Yvan.

C’est l’autre pente du Rêve de Darwin, la face nord, cachée, de l’exploit accompli en tout ou partie, l’exploit d’être partis et revenus en entier. Oui partir, c’est réussir…. On dira que c’est le prix de la passion. A mes yeux (je ne sais pas pour vous) c’est aussi ce genre de don total de soi, de son temps, de son talent, qui confère son relief –positif et généreux— à l’Aventure, avec ce fameux grand A.

Le Rêve de Darwin n’est pas une sorte de Koh Lanta avec des pseudos baroudeurs cachetonnant (tant mieux pour eux, après tout  ils l’ont gagné contre TF1, un exploit judiciaire). Non, c’est « total respect » pour des hommes et femmes qui ne comptent pas, ne monétisent pas leur geste, leur peau, leurs engelûres. C’est tellement rare en 2009/2010 que je ne voulais pas passer à côté. Et m… à ceux qui me diront qu’ils n’ont qu’à rester devant TF1 et l’Ile de la Tentation… 

–Là je souffle un peu et ensuite je reprends avec les clients dans ma petite structure, Azimut. Norvège, Groenland, Dolomites. Le ski de grande randonnée… 

Ca donne envie, ne vous privez pas, cliquez sur  www.azimut-montagne.com

Les « derniers aventuriers »… Ces cinq devant l’âtre et l’objectif de Robert en sont. Je ne l’ai pas rêvé. Voyez sur le site de L’Express

http://www.lexpress.fr/diaporama/diapo-photo/actualite/environnement/les-derniers-aventuriers_794156.html

Yvan, Dom, Pascal, Hubert, François et les autres… Ils cohabitent sur le Web, en diaporama, avec Jean-Louis Etienne, qui sait ce que veut dire survivre financièrement compris;
Patrice Fransceshi, qui éponge en Sysiphe un tonneau des Danaïdes de dettes nommé Boudeuse;
Tara la ruineuse dans le sillage de Darwin ;
Laurence de la Ferrière
que je ne vous présente pas;
Mike Horn
qui a franchi tous les caps;
Jean-Christophe Lafaille (in memoriam);
 Loïc Jean-Albert
qui réinvente le mythe d’Icare;
 Jacky Bonnemain (in memoriam);
 Bertrand Piccard
qui court après le tour du monde en planeur solaire;
 Alain « Spiderman » Robert;
Nicolas Vanier
qui sort son film sur sa danse avec les loups (Loup, le 9 décembre sur les Ecrins, pardon les écrans).
Et Nicolas Hulot, mais parce qu’il fallait bien remplir le diaporama…

Quand le confrère de L’Express numérique m’a demandé s’il y avait un inconvénient à utiliser la photo que j’avais moi-même empruntée à www.unrevededarwin.fr, je lui ai dit : ne te gêne surtout pas. C’est pour ça que Robert du Dauphiné ne m’en voudra pas. J’espère…

Parce que  Yvan et son équipe appartiennent à cette famille-là. Ils ne l’ont pas volé et ça vaut toutes les médailles, et autres Légion d’Horreur…. 

Merci Robert, vive le Dauphiné, le pays des Ecrins et l’Aventure. Tout ça n’est qu’une même chose.
.
En prime, regardez la bande annonce de Loup, spécial dédicace pour un certain p’tit Jules qui hante les commentaires ci-dessous…Il a 7 ans, Nicolas please fait lui un petit coucou, toi qui aime les enfants…Tu veux pas?

Allez pour p’tit Jules qui m’a dessiné un mouton, voici le Loup même pas méchant p’tit Jules

A suivre…

 

Taklamakan-x

Si l’intuition, le sixième sens, font partie des matières que l’on enseigne dans la formation des guides de haute montagne, alors Yvan Estienne du pays des Ecrins doit être un formidable pédagogue, au CRET de Briançon comme à l’ENSA — l’ENA de la montagne– où il dispense son savoir plus que trentenaire…

Voici pourquoi : lundi (voir billet du 02) je m’interrogeais sur l’inconnu du Yunnan (Sud de la Chine) qui suivait avec attention le Rêve de Darwin sur ce blog. Yvan, hier soir, songeait à un guide franco-chilien de sa connaissance…

Pile dans le mille. Ce matin au petit déj’, je reçois ce commentaire en forme de cadeau inattendu. L’inconnu du Yunnan n’est pas un Fils du Ciel, mieux que ça. Du coup je laisse tomber mon croissant dans le bol de Nescafé, bonjour le « bain de pied ». Et je ne résiste pas à l’envie vous faire part de ma surprise….

La voici, la voilà

Luis Azua, le 4 novembre, 2009 à 6 h 09 min #

Bonjour, les blogueurs (salut Luis, mais je suis tout seul à l’instant) : oui, votre enquête était bonne!  Je suis Luis, un vieil ami d’Yvan qui essayait de connaître, depuis l’Empire du Milieu, les aventures du groupe auquel j’aurais dû participer. Hélas, je n’ai pas pu y aller.. .

Je rêvais aussi de cette terre déchaînée qui est « la » Darwin. Et je pensais souvent lors des campements dans les sables du Taklamakan (ci-dessus) ou bien au pieds du Muztag Hata, aux mille et une difficultés que vous deviez affronter dans cette cordillère.

Cette météo infernale , la même qui provoquait l’effroi des indiens de la Terre de  Feu,  Kaweskars et Yamanas à travers leurs  dieux tutélaires Ayayema et Kawtcho , fait de la Darwin une forteresse, protégée par les vagues de l’océan et les williwas violents. Elle résiste aux assauts depuis des décennies .

Super Yvan, Francois, Pierre et tous les autres d’avoir pu l’approcher et revenir.
Depuis la Chine, au revoir les amis.

Zhaijian ! Luis.

Pour en savoir plus sur Luis Azua et ses activités en Chine

http://www.allibert-trekking.com/index/2/82-nous-rencontrer.htm

PS. Quand je vous disais que les Vigneaux étaient au centre de toutes les chaînes du monde et le pays des Ecrins bien plus vaste qu’on ne le croit, je ne pensais pas avoir raison à ce point.

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Avant de s’envoler pour l’Europe, ils ont livré leurs frais souvenirs à chaud, sur www.unrevededarwin  pour l’intégralité, en extraits ici.

Un joli petit exercice littéraire qui révèle, mine de rien, à travers la manière de restituer ses émotions et son rapport à demi avoué à la montagne –car la montagne comme la mer agit comme un révélateur– certains aspects de personnalités singulières qui forment un sacré team. 

Tout aussi parlant : la façon de chacun d’aborder la frustration, la nostalgie et ce lien étrange qui semble s’être créé entre les membres du rêve de Darwin et la Cordillère australe.

A cet égard, ils sont deux à sécher l’avion du retour. Yann Estienne, je vous en ai parlé. Mais aussi Thomas Baratier qui embarque, lui, à destination de la Géorgie du Sud. Ne serait-ce pas en compagnie de Serge Ouaché à bord du voilier Xplore ? Petits cachottiers, va…

D’où l’envie de vous proposer un petit jeu basé sur la morphopsychologie pour mieux découvrir ces guides qui ont taquiné le Darwin (et pour ceux, surtout, qui n’ont pas encore lu les témoignages sur www.unrevededarwin.fr) Les parents, proches et amis ont le droit de jouer, puisqu’on ne va pas quand même déranger un huissier pour ça, non ?

Alors vous y êtes : d’abord les morceaux choisis numérotés en dessous le trombinoscope. A vous de recoller les morceaux, de faire correspondre les propos à la bonne personne. Rien à gagner sinon faire progresser sa propre perspicacité.  Les réponses plus tard ou bien voyez www.unrevededarwin.fr

Vu la difficulté vous avez le droit, exceptionnellement, d’imprimer cette page pour répondre, le cachet de la Poste étant de mauvaise fois par les temps qui courent…

Alors qui a dit quoi, qui est qui ? Eux sont censé mieux se connaître. Et vous sauriez vous les distinguer ?

1./Neuf  jours à patienter au pied d’une montagne de 2500 m, l’entrevoir du bout des yeux, la sentir à portée de nos piolets, l’imaginer sous nos crampons sans pouvoir la gravir, c’est un peu difficile à admettre pour nos modes de pensée d’alpins pourtant habitués aux expéditions himalayennes et andines… 

2/« On ne pourra pas coucher avec toutes les femmes du monde, mais on se doit d’essayer ». Appliquée à nos convoitées montagnes, ce trait de Sacha Guitry résume à mes yeux l’inutilité, la déraison, et la beauté de la passion qui anime nos cœurs de montagnards.

3/ Trente jours ! Il m’aura fallu trente jours avant de fouler mon premier glacier dans ces montagnes du bout du monde. Trente longues journées de faux départs, de retours, de fuites devant la tempête ….penchés sur ces mauvaises cartes que l’on scrute mille fois par jour, y cherchant des réponses comme dans un Tarot.

 4/Ici tout et tous s’affrontent pour finalement cohabiter harmonieusement. C’est comme si la force et la violence n’inspiraient que la tendresse et la douceur… Des petites montagnes, moins de 2000 mètres d’altitude … En fait elles sont immenses, inconnues et inaccessibles.  Autant d’aventures sont à venir ici que celles vécues par nos aïeux dans les alpes.

 5/Ici c’est la nature et dans la nature la loi du plus fort a toujours été respectée. Les saprophytes que nous sommes n’ont jamais été au sommet de la chaîne. Darwin nous avait prévenu, l’homme est une simple espèce, un animal interdépendant qui se cache et baisse les oreilles quand il a peur…

6/Darwin : l’Ultima Cordillera !!!!! L’aventure prend fin et, ce matin, devant nos yeux ébahis, en grande Dame que tu es, c’est déshabillée que tu t’es présentée. Venue  nous dire au revoir ou adieu… ? Tu étais si belle dans ta nudité…  Chaque pointe, chaque courbe de ton corps se dessinaient sur ce ciel enfin devenu bleu…

7/Darwin, Shipton, lequel des deux est devant nous, lequel des deux est le plus haut, quel itinéraire, quel glacier, quelle arête choisir ? Autant de questions que nous nous sommes posé, sans en trouver les réponses … C’est donc un curieux sentiment qui m’habite en ce jour de départ. Mélange de joie, de fascination et impression d’immense petitesse…

8/On aura appris qu’en Patagonie, la mer peut vous refuser la montagne… Bref, la montagne tu ne la touches pas comme ça en Terre de feu, n’est ce pas Dom ?… Yvan, merci d’avoir rendu cette aventure possible, merci de m’avoir proposé il y a près de 2 ans un soir à l’Ice de l’Argentière-la-Bessée de m’associer à ce projet… Au fait, tu en as d’autres des projets aussi fous que celui là ? Oui ?

9/Le feu, on le retrouve dans la chaleur de l’accueil et la sympathie des gens qui vivent ici, mais pas dans le climat. La Cordillère de Darwin est constituée de montagnes mystérieuses, pudiques qui ne dévoilent que très rarement leurs charmes. Nous l’apprendrons plus tard à nos dépends…

9/Voilà cinq semaines que nous attendions cet instant, le Mont Shipton est face à nous, imposant, ses immenses calottes glaciaires surplombent de grandes faces mixtes, une crête interminable le relie au Mont Darwin. Pas un souffle de vent n’agite les arêtes. Les conditions semblent parfaites, la montagne s’ouvre enfin à nous… Un bruit sourd se fait entendre… Alejandro, le capitaine du Nueva Galicia, vient de démarrer le moteur, c’est le départ 

10/Terre de Feu : terre de contrastes et du risque réalisé. Mais aussi terre de rencontres, de découvertes et d’action. Terre australe et austère, où chaque jour se mérite, où demain est incertain mais où chaque journée qui s’achève porte en elle une victoire pour la vie. Et j’ai aussi appris à vos cotés que le seul et véritable échec, c’est la passivité et l’inaction…

 Le trombinoscope

dominiquefneukirchmathieu-carlhianthumbs_hubertthumbs_pascal-arpin
thumbs_pierre-mullerthumbs_stephaneYvan_Estiennethumbs_thomasthumbs_yann-michaletthumbs_yann-estienne De gauche à droite, de haut en bas : Dominique Stumpert, guide à Pelvoux        – François Neukirch, alpiniste et entrepreneur         Mat Carlhian, aspi et moniteur de ski, Montgenèvre              Huber Sémiond, glaciologue et skieur

Pascal Arpin, guide en Haute-Tarentaise                            Pierre Muller, médecin urgentiste et guide

Stéphane Molinari, guide au pays des Ecrins                            -Yvan Estienne, papa alias le chef

Thomas Baratier, le webmaster                                                       -Yann Michallet, organisateur du Derby de la Meije

Yann Estienne, aspirant guide au pays des Ecrins

 Sourire du matin sur la chaîne du Yunnan, chine du Sud 2

 l’autre jour j’évoquais la prophétie de Christian Clot concernant la traversée intégrale de la Cordillère Darwin : « Le jour où les Chinois s’y mettront… »

Ce 2 novembre, un honorable internaute connecté à Kunming, capitale du montagneux Yunnan, à  la frontière du Vietnam et de la Birmanie, consacre 18 longues minutes à la question sur cet humble blog (je le sais grâce à mon écran de contrôle magique qui voit tout, normal c’est Google et moi aussi j’espionne camarade). C’est la première fois qu’on ouvre www.ecrins-leblog.com dans l’Empire du milieu.  

Qui es-tu délectable lecteur, que médites-tu, d’où viens tu ? 

Alternative :

1/ Tu es un alpiniste chinois, fils du ciel titillé par le mot-clé  « exploit » et tu t’es fais traduire ces pages par cet affameur de Google qui exploite une innombrable armée d’interprètes en échange de même pas un grain de riz par jour (remarquez pour l’étrange boulot qu’ils rendent parfois)…

2/ Tu es encore un copain d’Yvan Estienne en vadrouille dans un coin de la planète où la terre s’évertue à rejoindre le ciel (c’est déjà arrivé plus d’une fois…). Ou encore un nostalgique natif de Pelvoux, l’Argentière ou Vallouise parti faire fortune dans l’Empire du désir  de croissance à deux chiffres ?

Dans un cas comme dans l’autre (les autres), confirmation que la montagne possède bien un langage universel, un esperanto des cimes.  

En Français comme en Mandarin (merci quand même Goo-Babel), je te le demande : STP  dépose ici un commentaire, un message, un seul mot, un idéogramme, je te contacterai. J’aimerai savoir ce que l’on ressent à propos d’hommes venus du pays des Ecrins, le plus bel endroit des Alpes françaises, pour affronter un bout extrême  et hostile des Andes, en Terre de Feu chilienne, quand on se trouve au chaud dans le sud-ouest de la Chine. C

C’est pour élargir l’horizon de ma culture, ami du Yunnan.

Bon, je sais qu’un nid d’hirondelle ne fait pas le printemps ni même une soupe pour plusieurs, et que le lecteur ou la lectrice de Kunming a peut-être ouvert ces pages par inadvertance avant de piquer du nez sur son clavier, mais j’espère.

Toujours rêvé d’avoir un correspondant chinois. Pas vous ?

thumbs_yann-estienneAmusant le dernier message d’Annick Estienne, la femme d’Yvan, chef de l’expé Un Rêve de Darwin sur www.unrevededarwin.fr

–Tout le monde est de retour sur le continent, fatigué mais heureux… Encore quelques démarches administratives, une journée de repos à Punta Arenas (avec visite-hommage à ces monuments que sont le FitzRoy et les Torres del  Paine), puis l’avion lundi (ce 2/11) et la maison mardi.

Allez zou, les gars, tout le monde à la maison, à table. Tout le monde vraiment ? Eh bien non. Car les enfants d’Annick, Ludivine et Yann, ne seront pas dans l’avion du retour…

« Lu », nantie désormais d’un sommet patagon, que lui ont décroché pour ses 30 ans son petit frère et ses copain guide file sur Santiago où l’attend une copine.

Yann, 27 ans, fils des Ecrins et  cadet de l’expé (il est aspi), lui, a fait un choix original : il revient illico sur la Cordillère Darwin toutes affaires cessantes.  A priori, pas pour se lancer dans une traversée intégrale en solo que la cordillère a refusé à son père. Mais pour passer quelques jours ou semaines de vacances sauvages. Destination la Baie Yendegaïa , l’ancien territoire des indiens Yamanas, où l’attendent  José, sa copine belge, les steacks   sauvages et les chevaux itou,  l’estancia kilométrique d’el senor Ted Turner…Alors Yann a laissé partir les autres dont son presque double, Mathieu Carlhian, l’autre jeunôt de la bande.

Mon Yann a pris goût à l’équitation, sourit Annick. Il va aussi naviguer jusqu’au Cap Horn avec Marcel (le skipper belge du Ionara qui a convoyé Darwin 1). Je suis ravie qu’il prenne goût au bateau.

Elle dit ça Annick parce qu’elle-même « met les voiles » sous peu à destination des Caraïbes pour un séjour de plongée (« les mers chaudes, c’est mon équilibre » dit la femme du guide de haute-montagne). Bref, vous l’avez compris la Maison Estienne va fermer pour quelques semaines pour cause de « retour à la vie normale ». La vie normale à la sauce Estienne, comprendre nomade.

A l’âge (tendre) où les mômes d’aujourd’hui pleurent pour une PSP, une Playstation, une Wi (j’en sais quelque chose) le petit Yann se levait à 3 heures du matin et se jetait entre les jambes paternelles pour qu’Yvan l’emmène en course avec lui. Et parfois ça marchait. Bien, tellement bien que le fils a mis ses crampons dans ceux du paternel.

La bougeotte est-elle affaire d’hérédité ou de mimêsis ? Vaste débat.  Pouquoi pas « nurture », ce subtil concept (darwinien en diable) anglo-saxon qui fait la part des deux (inné et acquis pour ceux qui sont en terminale « L »)  et de tout un tas d’interaction entre nature et expériences singulières ?

Alors disons  que lorsque l’on est né aux Ecrins, aux Vigneaux précisément, sous le toit des Estienne (tout une épopée ces Estienne) l’aventure s’inscrit dans la « nurture » des choses.

Et c’est ainsi que Yann affamé se ressert une part de cordillère rien que pour lui. Un cavalier entre dans le champ de la caméra. Panoramique sur le coucher de soleil sub-polaire. Une oie de Kelt s’envole . Beau générique de fin non ?

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