Ce lundi n’est pas (n’importe quel) lundi. La pétition lancée par le guide André Bernard et les associations fédérées par le refus de l’exclusion de l’homme et du grimpeur dans le futur Parc national des Calanques marseillaises a recueilli (à 9h30 heure de Pelvoux) … 10 027 signatures de tous les horizons et du monde entier dont celle de la Grande Catherine (Destivelle).
Pour mémoire, il s’agit en signant de dire « Oui » au Parc mais «Non » à une réserve intégrale condamnant toute activité humaine.
10 000 atouts en main des partisans de la liberté de grimper dans le respect (et l’amour vrai) de l’environnement pour s’assoir maintenant à la table des discussions…
Le regretté Bunny, guide pyrénéen dont on a parlé ici, peut sourire en regardant vers notre vallée humaine.
Les auteurs et les amis de ce blog se réjouissent… Parce que 10 000 signatures pour une activité que l’on juge souvent confidentielle, c’est un beau recensement plein d’espoir. Et un gros trou dans le mur de l’intolérance.
Bien sûr, pas une raison pour s’abstenir de signer sur
PS. Après une semaine de lâche relâche, les Ecrins le blog reprend sa course. Prochain rendez-vous avec les amis de la MUL, les gypaète de Vallouise, les cascades du Fournel et un flash back à tout casser sur le Rêve de Darwin. Alors à bientôt ?
Avant de revenir au Pays des Ecrins pour hiverner, un dernier détour, par Marseille (et le Golfe du Morbihan).
A l’heure où la planète célèbre à l’envi et en boucle (médiatique) l’anniversaire de la chute du « Mur de la Honte » à Berlin, le goût d’en dresser de nouveaux n’est toujours pas passé. Exemple, parmi d’autres hélas — virtuels, moraux ou bien concrets : en béton bien armé– , celui que préméditent d’ériger quelques intégristes de la biodiversités autour des Calanques de Marseille et de leurs falaises aussi sublimes qu’historiques pour l’escalade.
Un mur certes transparent mais néanmoins légal dressé entre la nature et ceux qui l’aiment, la pratique respectueusement, vivent et respirent avec. Bref un projet de « Parc national maritime et terrestre aux portes de la deuxième ville de France », le Parc des Calanques, dont certaines espèces : grimpeur, kayakiste, randonneur ou rêveur, seraient exclues au profit d’une certaine idée fondamentaliste de l’environnement.
La même idée d’absolu qui, poussée à l’absurde, conduit à faire massacrer l’ ibis sacré au prétexte qu’il vient d’ailleurs (l’Egypte des anciens Pharaons…), migrateur ailé fatalement sans papiers (on ne lui avait pas dit ou il n’a pas entendu ?) flingué au vol ou au nid.
Ce n’est pas une mauvaise blague, mais un vrai « cauchemar de Darwin » pour le coup, un authentique génocide « légal » avec autorisation préfectorale (officiellement « régulation ») qui se déroule aujourd’hui en Bretagne sud et, en particulier, le Golfe du Morbihan, consistant à éradiquer une espèce naturelle au nom de la … sauvegarde des espèces naturelles plus proches. Ibis déclaré espèce « invasive » = espèce condamnée. Après ça on s’étonnera que la biodiversité planétaire soit plus que jamais salement en péril…
A se demander si l’écologie n’est pas une affaire trop sérieuse pour être confiée à (certains) écologistes intégristes (on appelle ça les Khmers verts ?).
On veut bien que les grimpeurs évoquent parfois de « drôles d’oiseaux » accrochés à leurs falaises…Mais de là à se laisser « tirer » comme de pauvres Ibis, il y a un pas.
Contre la clôture des Calanques, la proscription de la grimpe libre, c’est un guide de haute-montagne, André Bernard (encore un ami d’Yvan Estienne du Pays des Ecrins), alias Dédé, alias le « King des Calanques », qui a sonné l’alarme, battu le rappel et créé l’association Des calanques et des hommes – www.les-calanques.org– pour défendre la liberté d’escalader les calanques, une histoire d’alpinisme en balcon sur la Grande Bleue vieille de 130 ans.
Le combat de Dédé est clair : oui au Parc des Calanques ne serait qu’en mémoire des alpinistes qui furent parmi ses premiers protecteurs ; non à la réserve intégrale, au « sanctuaire » naturel excluant les humains non nantis.
Les Ecrins, à travers ce blog, s’étaient déclarés solidaires de Dédé. La liberté d’un grimpeur, c’est la liberté de tous les grimpeurs, pour paraphraser JFK en 1963 à Berlin, au pied du sinistre Mur…
Deux mois après la mobilisation de Dédé et près de 9700 signatures (les ibis n’en avaient recueillies que 670, les pauvres…) après, quelque chose me dit qu’une brèche a été percée dans le projet de mur des Calanques.
Ce 9 au matin, La Provence, insitution faite journal et journal de l’insitution s’il en est, rendait hommage à sa manière à André et ses « 9000 signatures de toute la France et de l’étranger ». Manière un peu vache de la consoeur rappelant que les calanques sont « le terrain de jeu et le gagne-pain » de Dédé. Et alors ? Ca devrait le discréditer ? Il n’empêche, c’était un signe et selon nous un plutôt bon signe à l’heure où devait se tenir un nouvelle réunion entre « usagers » et promoteurs du Parc.
Ce n’est pas une raison pour ne pas signer et faire signer la pétition en ligne sur www.les-calanques.org. Le sommet des 10 000 signatures est en vue encore un effort pour faire gagner Dédé parce que nous savons que sa bataille est la nôtre, celle de tous ceux qui aiment la nature au point de faire corps avec..
Et si vous vous êtes sentis touchés par le sort de l’ibis sacré et massacré (au nom des sternes !) lisez et signez sur http://ibisdebretagne.bloguez.com/ et/ou procurez-vous Le Monde Magazine du 7/11 ( « Espèces, vos papiers ») avec une formidable enquête du confrère Laurent Carpentier.
Ibis sacré, le sacre de la beauté qui accompagnait les Pharaons dans leur vie éternelle, la beauté que l’on massacre en Bretagne, en 2009 au nom de la … biodiversité locale.
Comme Catherine Destivelle et 6189 autres (à 9h30, ce 25 septembre) signez et faites signer la pétition pour sauver la liberté de l’escalade (et des activités nature) dans les calanques marseillaises. Le guide André Bernard, alias le « King des Calanques », un complice d’Yvan Estienne, guide au pays des Ecrins qui poursuit son Rêve de Darwin du côté de la Terre de Feu, a pris la tête d’une juste croisade, selon nous –la liberté ne se divise pas— même si une certaine polémique se développe.
Le problème n’est pas la création –légitime, attendue—d’un parc naturel des Calanques. Le monde de la grimpe et de la haute montagne saluent l’initiative. Les grimpeurs sont les premiers activistes de la préservation du monde vertical, ultime refuge d’une vie sauvage. Et libre, et qui doit le rester. Le problème c’est le concept de réserve « intégrale » (attention : intégral ça commence comme intégrisme…). L’homme a déjà été une fois exclu du paradis, alors pourquoi cette double peine ?
Je cite André Bernard :
— La zone proposée couvre 40% des surfaces grimpées dans le massif des Calanques et cette zone est emblématique de « l’esprit des lieux ». Ce sont bien ces grandes voies situées dans ce secteur qui ont fait la réputation des Calanques et c’est bien là que les plus grands noms de l’escalade et de l’alpinisme ont signé parmi leurs plus belles réalisations : Gaston Rébuffat et Georges Livanos pour ne citer qu’eux.
L’objectif d’André est de parvenir à un terrain d’entente raisonnable avec le groupement d’intérêts ( GIP) du futur parc. Encore une fois, le grimpeur, embranchement éco-conscient de l’espèce humaine, certes menaçante, mérite-t-il d’être éradiqué de la nature ? Vos commentaires sont bienvenus.
Une manifestation est prévue en novembre. Nous en serons.
Voir, écouter et commenter l’interview d’André Bernard :
http://www.tvmountain.com/index.php?option=com_hwdvideoshare&task=viewvideo&Itemid=129&video_id=1415
S’informer, signer et faire signer la pétition :
http://www.escalade-calanques.fr/
En guise de manifeste, je vous propose de voir et revoir cet extrait d’Au-delà des Cimes. Catherine Destivelle en toute liberté dans les Alpes, avec des amis, subliment filmée par la caméra de Rémy Tézier. Du bonheur, quand on voit ça on se dit que quelque part le Rêve de Darwin et le rêve de Catherine riment bien ensemble.