Par Dominique Stumpert, guide au Pays des Ecrins
En janvier 2010 et en cinq jours, six guides et sportifs du Pays des Ecrins ont effectué la traversée Nord Sud du département de Hautes-Alpes en ski de randonnée. Après une première étape à obstacles divers (voir précédent article), nos héros enfourche des vélos, skis sur le dos…
J2 – 7h15, température – 11°C. Nous chaussons à l’endroit exact où nous avons déchaussé hier. Courageux, un journaliste nous pose quelques questions et fait ses photos. Ombre menaçante dans les prémices de l’aube, le château se découpe sur le ciel étoilé.
Une fois encore, tous nos vêtements sont sur nous, chaudes vestes en duvet et Gore Tex pour couper le petit noroît qui nous glace. La proximité de la Durance rend l’endroit humide, ce qui accentue la sensation de froid.
Coincés entre falaise et rivière, nous sommes contraints de suivre la seule route de l’endroit, jusqu’à Lettret. Dès que possible nous quittons cette route pour traverser de nouveaux vergers, qui trop rapidement laissent la place à une forêt « folle », sans chemin et sans entretien. Le paradis des sangliers skieurs.
Après 2 heures d’échauffourées avec les baliveaux du lieu et autres herbes des marécages qui ont la fâcheuse manie de retenir la neige « en hauteur », (tout s’effondre quand on passe dessus), nous débouchons sur de larges prairies qui nous conduisent à Valserres.
Nous sommes dans la vallée de l’Avance, qui à pris ce matin un petit air de Sibérie, moins quinze degrés ! Personne n’émet le souhait de s’arrêter, ne serais-ce qu’un instant, et nous filons encore un heure dans l’ombre froide en lorgnant sur le soleil qui nous nargue en inondant le versant que nous suivons.
Nous pensions trouver des clôtures partout, il n’en est rien. Le « kit clôture » composé d’une paire de tenailles, d’un marteau et de clous « cavaliers » restera dans le sac. Il nous aurait servi à « abaisser » le fil de fer barbelé supérieur pour l’enjamber sans trop de risques, puis à tout remettre en état après être passé. Nous cheminons avec très peu de contraintes dans cette très belle vallée et, quelques heures plus tard, Chorges est en vue.
Aimable, la factrice locale nous donne des renseignements utiles du coté des Vernes et nous prenons pieds dans la cité Cathurige par des chemins qui longent la ligne de chemin de fer.
Deux amies qui nous font une navette de voiture nous préviennent que le bord du lac de Serre Ponçon, contrairement à la semaine précédente, n’est plus skiable. Qu’à cela ne tienne, en deux temps et trois mouvements, Didier, originaire de Chorges, nous trouve quatre vélos et un tandem, ainsi que les moyens de les faire récupérer ce soir.
Nous enfourchons nos engins et, avant même d’être sorti de la cour, ma monture est victime d’une crevaison. Vite réparée par l’expert Didier, qui est quand même allé jusqu’en Chine en vélo…sans avoir crevé une seule fois ! La suite de l’itinéraire est plaisant, et les automobilistes un peu surpris de croiser nos équipages car nous transportons les skis sur nos sac à dos…
Nos moyens de transports occasionnels seront abandonnés à la plage de Boscodon, où nous rechaussons nos skis, et traversons la gravière ou règne une activité incroyable, avec une noria de camions gros comme ceux de la mine de Cerro de Pasco. Nous rejoignons Embrun par la digue du lac.
Arrivée à 17h30, après 32 km parcourus en ski plus 14 km en vélo. La nuit tombe et nous n’avons pas le courage de parcourir quelques km de plus pour nous avancer un peu…
Bob nous attendait à Châteauroux avec quelques douceurs locales et un repas de fête. Alors nous avons fait la fête, comme il se doit.
Temps fort de la Traversée des Hautes-Alpes à skis (janvier 2010) initiée et racontée par le Guide des Ecrins Dominique Stumpert, voici les images d’une épreuve qui n’a aucune chance de devenir olympique : l’emprunt de bande d’arrêt d’urgence autoroutière par des skieurs de randonnée…. L’autoroute était déserte, sauf une véhicule de patrouille qui survient pile au mauvais moment pour Dominique et ses compagnons. Mais, aucun point ne leur a été heureusement ôté sur leur permis de skier…. Cela se passait le premier jour de cette odyssée originale non dépourvue d’obstacles malgré une fine préparation cartographique.



Message personnel du rédacteur préposé à ce blog…
Je ne connais pas ton nom, j’ignore si tu es Français parcourant en pas de patineur le pays de Selma Lagerlöf, à jamais première femme récipiendaire d’un Prix Nobel de littérature, l’auteure du Merveilleux voyage de Nils Holgerson, ou ce qui serait extraordinaire locuteur de cette belle langue nordique.
Ce que je découvre c’est que tu as passé aujourd’hui 20 minutes sur le texte aride de la quête du Vest Pocket perdu en 1924 sur une pente de l’Everest par un certain Mallory sur un humble blog dédié au Pays des Ecrins.
Si par hasard tu parlais la langue de Selma, que tu te prénommes Nils (en VO Nils Holgerssons underbara resa genom Sverige) , que tu as tendance à prendre la voie des, je retirerai tout sarcasme émis malencontreusement dans ces pages concernant Google Translate.
Tu te trouvais le 4 janvier à Solna, dans la grande banlieue de Stockholm. Il faisait – 14 ° dans la soirée. Tu m’as réchauffé à distance. Merci, cher inconnu de Solna.
Si tu es au Sud du pays des Lapons, à la veille d’une expé, racontes-nous, je t’en prie…
Par Dominique Stumpert (guide de haute-montagne du Pays des Ecrins)
Chose promise… Voici le récit véridique de l’odyssée de Dominique Stumpert, et de ses compagnons, par l’authentique « Dom » Stumpert soi-même, inventeur et initiateur d’un raid instructif où le « pire » ennemi de l’homme n’est pas la nature mais le progrès secrété par l’homme. A défaut de photos, veuillez croire en l’authenticité des images jaillies de la plume de la sincérité faite guide. Et homme. Carnet d’aventure en forme de course d’obstacles. Et ça commence près de chez vous, à un péage.
Jour 1 : de Sisteron à Tallard
4h ; réveil attendu… Je suis debout avant qu’il ne sonne, c’est le grand jour !
4h15 ; appel de notre chauffeur, Dino, qui souffre d’une terrible rage de dents, et qui ne pourra pas nous accompagner. Cela commence bien ! Nous improviserons sur place (copains ou auto stop).
5h; ramassage « scolaire » des compagnons. Deux voitures sont nécessaires (Jacqueline et moi), pour les skieurs et leur matériel. Bonne ambiance et première blagues. La nuit nous empêche de voir l’état d’enneigement des bords du lac de Serre-Ponçon. C’est l’endroit le plus délicat, niveau d’eau assez élevé, schistes noirs, ensoleillement maximum…
7h; rendez vous au péage de Sisteron où nous rencontrons Monsieur Jean Beverragi du Comité Départemental du Tourisme, accompagné d’un journaliste du Dauphiné Libéré et de Christophe Rosanvallon. En quelques minutes, nous finalisons les sacs. Apparemment, aucun autre skieur ne se joindra à nous aujourd’hui.
7h15. Nous quittons le péage, pour la limite du département à 3,5 kilomètre de là, sur la RN 85.
7h30 ; moins 12°. Tous nos vêtements sont sur nous, et nous sommes impatients d’entrer en action. Photo au jour naissant sous le panneau des Hautes Alpes, en présence de notre petit comité d’accueil. Christophe, venu tourner quelques images du début de ce périple s’est pris au jeu. Il restera toute la matinée, nous filmant de place en place au fil de notre progression, petite tache orange que nous avons appris à repérer dans ce paysage de neige.
7h35. La neige elle, est abondante et de très bonne qualité. Elle porte et nous permet, en glissant rapidement entre bois et vergers, de gagner les rives du canal de la Durance un peu en aval du village du Poët. Notre objectif est de suivre le canal jusqu’à La Saulce, puis de gagner Tallard par le domaine de Trébaudon.
Ce matin, dans la voiture, Didier me faisait part de sa crainte « de ne pas avoir de vue » à cause de notre cheminement en fond de vallée. La surprise est de taille, car le canal offre un espace dégagé surplombant la vallée de quelques dizaines de mètres.
Les paysages sont grandioses; lever de soleil sur les montagnes de Mare et de Chabre au sud, vastes crêtes de l’Aup à l’ouest enserrant les villages perchés prisonniers des neiges, maisons Provençales aux chaudes couleurs rehaussées par ce blanc océan, quiétude des eaux calmes du canal, et partout, au delà des vergers, des dizaines de sommets aux apparences « himalayennes ».
Figés dans le froid et éclaboussés de soleil, Upaix et Ventavon glissent dans le décor à notre gauche. Nous progressons à bonne allure face à un petit vent du nord mordant, qui, ajouté au chuintement de nos skis sur la neige dure et à nos éclats de voix, nous empêche d’entendre l’autoroute, pourtant proche.
En passant près d’un pommier chargé de fruits pourris restées accrochées à l’arbre, Marcel (Molinatti) nous fait partager ses souvenirs d’enfance. Ils nous propose de manger ces pommes pourries !
–Non M’sieur, ce ne sont pas des pommes « pourries », mais des pommes « gelées ». Il ne faut pas manger la pulpe sous peine d’ennuis de transit (apparemment, il en a l’expérience…), seulement en retirer le jus sucré, glacé et légèrement fermenté. Nous suivons son exemple et goûtons. C’est un vrai cidre frappé. Délicieux.
12 h 17. Déjeuner sans façon sur un talus bordant l’autoroute, à l’abri d’un petit bunker en béton qui nous coupe le vent. Quelques véhicules klaxonnent joyeusement en nous apercevant, enfin ceux dont les chauffeurs ont lu le journal…
Réconfortés par cette halte et le casse-croûte, nous reprenons sereinement le chemin du Nord.
13h05. Las, nous n’avions pas remarqué sur nos cartes que le canal, à hauteur de Plan de Vitrolles, passe en siphon sous une petite rivière, Le Déoule. Elle est peu profonde, mais, eu égard au froid, aucun d’entre nous n’accepte de se mouiller les pieds. Un peu de réflexion, quelques astuces et un bon plan d’action viendront à bout de cet obstacle peu commun.
13h30.Le pont de la D220 enjambe l’autoroute, qui elle-même passe sur Le Déoule. D’abord, les consignes : désescalade du pont, regroupement derrière la haie de cyprès, récupération du souffle et des esprits… Puis sprint de 30 mètres sur la bande d’arrêt d’urgence, histoire de ne pas y traîner trop longtemps, des fois que…
Et…nous sommes pris sur le fait par une équipe de patrouilleurs de l’autoroute… Aïe aïe : je n’aime pas qu’on me tire les oreilles.
–Promis, c’était exceptionnel, il ne faut pas le faire et on ne le fera plus !
(Ndlr :Semonce sans PV. Est-ce qu’on vous retire des points sur le permis de skier ????)
13h50. Une clôture plus loin, nous voila repartis de plus belle, jusqu’à ce que, cette fois, l’autoroute enjambe le canal. Là, pas la moindre chance de ruser, même un souriceau ne pourrait passer. Pourtant, les poutrelles métallique du pont laissent accessible un trottoir pour équilibristes, très étroit, juste au-dessus de l’eau, sans rambarde. Si tu glisses, tu te baignes ! Analyse des enjeux et gestion du risque, réconfort des indécis et nous voici de l’autre coté.
15 h 30.Les vergers se succèdent. Pommiers à l’écorce rose, poiriers à l’écorce rugueuse. Une habitante nous conseille « son » meilleur chemin, en rive gauche de la Durance. Nous avions prévu de passer en rive droite mais c’est très « encombré » (autoroute, péage, nationale, lac de retenue du canal…), et nous nous rangeons à son avis.
16h30. Près de la Bonne Mére, des arboriculteurs en train de tailler leurs arbres nous saluent du haut de leurs plates-formes roulantes, alors que nous glissons vers Curbans. Le temps d’admirer église et chapelle, d’empêtrer nos skis sur les rives boisées de cette Durance sauvage, le soleil décline déjà.
17h00. Fièrement perché, le château de Tallard accroche les derniers rayons. Fourbus, nous nous hâtons vers le village où nous nous hydratons abondamment. Le repos nous attend.
18h00. Bonne journée dans les jambes, l’étape s’est globalement déroulée comme prévu : 42 km ont été parcourus, et — malgré mes espoirs– pas un de plus qui nous avancerait pour demain…
21h00. Nous passons la nuit à l’aérodrome de Tallard, dans un appartement loué pour une seule nuit.
A Suivre…
Un vieux doute subsiste sur la paternité de l’Everest, question première. 1924 ou 1954 ? Cela pourrait se jouer sur une photo finish, prisonnière latente et sans doute congelée, d’un Vest Pocket Kodak d’avant (la seconde) guerre. Un appareil à soufflet, ancêtre des compacts d’aujourd’hui, mais pas un pixel numérique, d’où l’espoir.
L’espoir, le rêve, le délire (?) est celui d’un certain Tom Holzel, historien agréé du « Toit du monde ». Ce Tom Holzel jure qu’il a repéré (sur des vues satellites) une « forme oblongue » qui pourrait bien être la dépouille d’un des deux premiers vainqueurs du sommet, 30 ans avant Sir Hillary et Tenzing Norgay.
La momie des cimes serait, selon Holzel, celle d’Andrew Irvine. A ses côtés se trouve, peut-être, le boîtier Kodak, nonagénaire, contenant virtuellement la preuve immatérielle qu’Irvine et son compagnon George Mallory avaient touché au but vers le 8 juin 1924.
Certes, l’espoir est plus mince qu’un film de celluloïde. Seule certitude, Irvine et Mallory ont trouvé la mort lors de leur tentative de 1924, réussie ou pas. La réflexion de Holzel s’est enclenchée après la découverte du cadavre de Mallory en 1999. La montagne conserve…
Les chaussure ferrées et autres oripeaux de Mallory ont résisté aux décennies telles les frusques d’un Otzi, l’homme des glaces du néolithique. Cependant — 1er indice pour l’historien– on n’a pas retrouvé sur lui la photo d’une épouse chérie et dont il avait juré, Mallory, qu’il la déposerait là-haut. On n’a pas plus retrouvé –seconde indice– l’appareil photo Vest Pocket Kodak dont Mallory ne se séparait jamais.
Alors, si Mallory n’avait pas son appareil sur lui, c’est sans doute qu’il l’avait passé à son compagnon Irvine de façon à se faire portraiturer. Et pourquoi pas en vainqueur de l’Everest ? Clic-clac, merci Kodak.
C’est en tout cas ce qu’extrapole un Holzel qui croit suffisamment à sa thèse pour annoncer une expédition (en mars ?) dédiée à la recherche d’Irvine et surtout du fameux Kodak, histoire de réécrire –son rêve– l’Histoire de l’Himalayisme grâce à une image dont nul ne sait si elle a impressionné la pellicule et, si oui, comment développer un film antédiluvien.
A quoi bon tant de risques alors que le jeune Namygal Sherpas projette lui de débarasser la zone des 8000 m de l’Everest des vestiges de ses conquêtes en tout genre. Soit, je le rappelle deux tonnes de « déchets » dont certains « restes » humains. Et pourquoi pas quelques grammes de précieuse pellicule argentique dans les restes hypothétiques, on l’a vu, d’un Vest Pocket Kodak comme on n’en trouve plus aux puces ? Aussi bien, Namygal et son équipe pourraient redescendre le glorieux souvenir –s’il existe– d’Irvine et Mallory célébrant leur éphémère victoire, entre autres impérissables souvenirs. Ce serait toujours ça. Autant qu’à jouer les éboueurs, que la mission soit historique. Les poubelles n’abondent-elles pas de trésors ?
A toutes fins utiles, Holzel a déposé un mode d’emploi des précautions manipulatoires de l’éventuelle relique photographique sur le Web :
http://www.scientificamerican.com/search/index.cfm?q=tom+holzel
Reste à mettre en contact Namygal et Tom. Pour ce faire, je ne connais qu’un homme : il s’appelle Yvan Estienne, guide de haute montagne du pays des Ecrins et passablement familier de l’Himalaya… Alors Yvan, un effort, appelle Namygal, qu’il rapporte le Kodak au monsieur et qu’on ait le cœur net. Mais pourquoi évoquer cette vieille histoire sur un blog consacré au rayonnement du Pays des Ecrins ?
Pourqoi ? Eh bien, parce que la quête de la photo preuve est toujours d’actualité. Par exemple, Dominique Stumpert, guide de haute montagne du Pays des Ecrins, a passé dernièrement une nuit blanche à s’escrimer en vain à transmettre les images véridiques de sa traversée des Hautes-Alpes en compagnie d’autres guides et sportifs.
Son dernier message : « Les photos ne passent pas, mon tuyau est trop petit… ». Mais non, Dom, mais non. On va les attendre tes photos et on ne lancera pas une expé pour autant. D’autat qu’il existe des images preuves de votre aventure, elles figurent sur le site de Christian Guillaume.
http://www.escalade-aventure.com/hautes-alpes-ski-nordique-18.php
Et puis au fond, avions besoin du film ? Le récit de « Dom » digne de foi est précis. D’ailleurs on se le repasse ici-même dès demain.

Par Dominique Stumpert, guide de haute montagne.
L’usage veut que l’on commence par le début, mais ce récit-là et sa leçon méritent de s’assoir sur l’usage. C’est l’histoire d’une traversée en ski nordique d’un département alpin, les Hautes-Alpes, par un guide rompu aux premières à travers la planète montagne. Ce pourrait être banal, c’est le contraire. Lisez la conclusion de Dominique Stumpert et demain on refait l’itinéraire de l’aventure avec lui et ses compagnon. Une aventure ? Oh oui. Une leçon de géographie humaine. Extrait.
Sur près de 190 km, et 1500 mètres de dénivelée, entre 500 et 2000 m. d’altitude, nous avons pris le temps de mesurer les traces de l’occupation humaine, intégrées ou non au paysage.
Travaux titanesques ou discrets pour disposer de l’eau (irrigation et énergie), parfois d’accès défendu, entretenus ou rendus à la nature.
Vignobles florissants de La Saulce, Trébaudon, Valserres, survivants à Châteauroux et Saint Clément, ou renaissants aux Vigneaux et à Villard Meyer où Didier vient de replanter quelques pieds d’un robuste cépage…
Petites ou grandes, les routes sont partout. Certaines forcent au meilleur endroit et de manière stratégique les étroitures de la vallées. Si, au volant , nous n’en avons plus conscience, l’emplacement des châteaux et fortifications peuvent nous les rappeler.
Bien qu’ayant pris le train à de nombreuse reprises, nous avons redécouvert une partie de la ligne Gap-Briançon, plus exactement entre Châteauroux les Alpes et Eygliers. A l’instar de la vallée de Chamonix (où le train est gratuit pour les vacanciers qui y séjournent), nous avons évoqué la possibilité d’exploiter à des fins touristiques ce beau tracé ; pour les navettes des sports d’eau vive, le VTT, la randonnée, les visites du patrimoine, etc… Et pourquoi pas avec une vieille locomotive à vapeur et des wagons panoramiques (nous en avons vu circuler sur des lignes aux paysages nettement moins variés). Il est facile de rêver.
Et puis, nous avons rencontrés des habitants ; qu’ils prennent le soleil en début d’après midi ou qu’ils taillent les vergers dans l’air glacé du matin, qu’ils distribuent le courrier, dament ou assurent la sécurité sur les pistes de ski, entretiennent les voies, enseignent, élèvent leurs enfants, travaillent dans le tourisme ou l’information, en retraite, déneigent les routes, tiennent un bar, louent du matériel, Hauts Alpins d’origine ou d’adoption, mais tous Hauts Alpins de cœur.
Je n’ai pas trop parlé de la météo, c’est parce que c’était comme d’habitude en cette saison, grand bleu, bien blanc, bien froid.
C’est déjà fini ? (La traversée a été effectuée par Dominique et ses compagnons en janvier, ndlr.)
J’aime beaucoup la définition suivante de l’aventure :
« L’aventure, c’est quand on ne sait pas comment cela va se terminer ».
Je ne sais pas à qui on la doit, mais je la trouve juste.
Bien que l’on connaisse l’inéluctable fin de tout être vivant, on ne sait ni quand ni comment notre vie va se terminer. Pour moi, la vie elle-même est une aventure.
Alors pour le « C’est déjà fini ? » Eh bien, non. Ce moment est passé, oui, mais maintenant nous allons pouvoir vivre avec ce qu’il a laissé en nous…et l’aventure continue.
Alors demain on recommence au jour 1… Prêts ?