
Six guides et sportifs du Pays des Ecrins ont entrepris un raid original : rallier Sisteron à la Grave en ski nordique. Une robuste randonnée départementale de 168 km, à défaut de la traversée de la Cordillère Darwin tentée à l’automne dernier par l’expédition Un Rêve de Darwin conduite par Yvan Estienne.
Un des membres de ce Rêve inachevé fait partie de la nouvelle expédition et l’aventure est ouverte à tous ceux qui veulent s’y joindre. Et c’est gratuit : il suffit d’appeler Dominique Stumpert au 06 08 21 39 49 pour participer, à son gré, à son rythme.
Mais d’abord, un petit flash back.
1/Embuez vos lunettes ou votre masque de ski…
2/Plongez la tête un bon moment dans un congélateur *** réglé au max…
3/Tentez de déchiffrer le mode de préparation d’une boîte de surgelés, imprimé en corps 5, et en Chinois de préférence, sachant que les idéogrammes sont de toute façon dans le désordre et qu’il en manque…
Si vous tentez cette petite expérience – un rien givrée– vous aurez alors une idée du curieux défi qu’a été le Rêve de Darwin, tel que s’en souvient un de ses membres : Dominique Stumpert, guide de haute montagne au Pays des Ecrins. Et encore, imaginez qu’un brouillard aussi opaque que laiteux persiste à vous cacher l’emballage d’un surgelé pourtant gros comme le mont Shipton-Darwin, 2 500 m d’altitude.
« On a été bien secoués », reconnaît Dominique Stumpert, 56 ans, Alsacien d’origine, Pelvousien d’adoption et de cœur, 60 ouvertures de voies à son compteur. Mais de déception, point. « J’ai pris ça comme des vacances », rit ce « vieux » complice d’Yvan Estienne, chef de l’expédition Un rêve de Darwin.
Moins de trois mois plus tard, Dom remet ça avec d’autres guides des Ecrins. Presque sans crier gare. Un message posté à minuit le 17 janvier sur ce blog :
–Après être allés chercher de la neige, des paysages somptueux et de l’aventure aux quatre coins du monde, voila que l’hiver nous offre la même chose à notre porte ; le département des Hautes Alpes est enneigé du sud au nord. Cela lui donne des airs de Laponie, et l’occasion est trop belle pour ne pas profiter de pareilles conditions « chez nous ».
Une petite équipe de hauts alpins (du pays des Ecrins) s’attaque dès lundi à la traversée du département en ski de fond, en 5 jours, de Sisteron à La Grave….
Lundi, c’est-à-dire ce 18 janvier, ils étaient partis. Certes le raid est moins raide que la cordillère Darwin au Sud du Sud de l’Amérique latine, le dernier frisson glacé des Andes avant le Cap Horn. Le parcours est honnêtement balisé : un itinéraire bien tracé sur l’équivalent de 32 feuilles format A4. La neige est splendide, le temps magnifique.
Et pourtant dès le premier jour des obstacles imprévus se sont dressés sur le chemin des skieurs… Des obstacles dû cette fois non à l’hostilité de la nature, mais aux aménagements humains… Un siphon qui coupe la piste, un Béoul infranchissable, un pont autoroutier redoutable, une bande d’arrêt d’urgence glissante…
Dominique nous a promis un compte rendu de son cru et bien sûr nous allons suivre cette nouvelle expédition, grâce aussi aux images de Guillaume Christian dès qu’il trouvera un spot WiFi de qualité pour les transmettre (désolé pas de satellite dispo).
D’ores et déjà une confirmation : l’aventure commence bien dès qu’on glisse une spatule hors de chez soi…
A destination de ceux qui seraient tentés de suivre la trace de Dominique, Guillaume et leur compagnons dont Martine de Vallouise et Didier instituteur au Pays des Ecrins, je republie les étapes de la semaine.
Mardi 19, décollage ce matin à 7 heures : de Tallard à Embrun par la vallée de l’Avance, Chorges, Savines, Embrun.
Mercredi 20 : Embrun, Châteauroux, St Clément, Chanteloube, l’Argentière-La-Bessée.
Jeudi 21 : l’Argentière La Bessée, Villard Meyer, Prelles, St Blaise, Les Queyrelles, Chantemerle, Monètier, Le Casset, Le Lauzet.
Vendredi 22 : Le Lauzet, col du Lautaret, Villard d’Arène, La Grave, les Fréaux et limite du département.
Pour se fixer rendez-vous un seul numéro : 06 08 21 39 49.
Enfin session de rattrapage, sur l’Ice Climbing du Pays des Ecrins, perturbé par la neige, mais ça n’empêche rien, la preuve vue sur le blog de Guillaume Coquin
http://guillaumecoquin.wordpress.com/2010/01/10/we-aux-ecrins-snow-et-glace-au-hasard/

Ah !!!!!!! Embrun !!! Rien que l’évocation me met des frissons partout ! Souvenir de mon adolescence ! Partie en été à la montagne avec ma copine Isa (à qui je vais de nouveau recommander ce blog !) Oui, merci de nous faire partager la neige qui n’est pas tombé de partout en France (à l’ouest on en aurait bien vu un peu plus !!!) et merci de me faire repartir dans ma jeunesse !!!! Embrun, Briançon, les montagnes qu’on découvre très tôt le matin, la grimpette, les sandwichs, le soleil, la marche, la marche et encore la marche, du plaisir vous dis-je !!! Il faut que j’y retourne et vite !!!
Chers amis,
Curieux que vous ne signaliez pas la présence, pourtant remerquable de Marcel Molinatti, que tout le monde connait.
Il faut reparer cet oubli « facheux ».
Merci.
A bientot sur @.
Edith Maillot
Traversée sud/nord des hautes Alpes.
J1 : 7h30, température moins 12°. Tous nos vêtements sont sur nous, et nous sommes impatients d’entrer en action. Départ de la limite du département sur la RN85 en présence de Monsieur Jean BEVERAGGI du Comité Départemental du Tourisme, d’un journaliste du Dauphiné Libéré et de Christophe ROSANVALLON, venu tourner quelques image du début de ce périple (et qui, pris au jeu, restera toute la matinée).
Très bonne neige qui porte et nous permet de glisser rapidement entre bois et vergers, et de gagner les rives du canal de la Durance tout près du village du Poët. Nous suivrons le canal surplombant la vallée jusqu’à La Saulce, avec des paysages grandioses ; villages perchés prisonniers des neiges, maisons Provençales aux couleurs rehaussées par ce blanc océan, quiétude des eaux calmes du canal, et partout des dizaines de sommets aux apparences « himalayennes ».
Nous progressons à bonne allure face à un petit vent du nord mordant, qui, ajouté au bruit de nos skis sur la neige dure, nous empêche d’entendre l’autoroute pourtant proche.
Nous n’avions pas remarqué sur nos cartes que le canal passe en siphon sous une petite rivière, Le Béoule. Bien que peu profond, aucun d’entre nous n’accepte de se mouiller les pieds. Un peu de réflexion, quelques astuces et un bon plan d’action viendront à bout de cet obstacle (pont de l’autoroute toute proche, désescalade du pont, regroupement derrière la haie de cyprès, récupération du souffle et des esprits, sprint effréné sur la bande d’arrêt d’urgence, histoire de ne pas y traîner trop longtemps. et …arrivée sur les lieux d’une équipe de patrouilleur… aie j’aime pas qu’on me tire les oreilles. Promis, on ne le fera plus m’sieur!) . Nous voilà repartis de plus belle, jusqu’à ce que l’autoroute enjambe le canal. Là, pas la moindre chance de ruser, même un souriceau ne pourrait passer. Pourtant le constructeur à laissé accessible un « trottoir » étroit, juste au dessus de l’eau et sans rambarde, si tu glisses, tu te baignes ! Analyse des enjeux et gestion du risque, réconfort des indécis et nous voici de l’autre coté. Les vergers aux troncs à l’écorce rose des pommiers se succèdent, une habitante nous conseille le meilleur chemin, des arboriculteurs en train de tailler leurs arbres nous saluent du haut de leurs plate forme roulantes alors que nous glissons vers Curbans. Déjà le soleil décline et fourbus, nous nous hâtons vers Tallard où le repos nous attend. Bonne journée dans les jambes, il est 18 heures, l’étape s’est globalement déroulée comme prévu, et 42 km ont été parcourus. Mais pas un de plus qui nous avancerait pour demain….
J2 : 7h15, température moins 11°. Une fois de plus, tous nos vêtements sont sur nous, chaudes vestes en duvet et Gore Tex pour couper le petit norois qui nous glace. La proximité de la Durance rend l’endroit humide, ce qui accentue la sensation de froid. Départ du point exact où nous sommes arrivés hier.
Coincés entre falaise et rivière, nous sommes contraints de suivre la seule route de l’endroit, jusqu’à Lettret. Dès que possible nous quittons cette route pour traverser de nouveaux vergers, qui trop rapidement laissent la place à une forêt « folle », sans chemin ni entretiens. Le paradis des sangliers skieurs. Après quelques échauffourées avec les baliveaux du lieu, nous débouchons sur de larges prairies qui nous conduisent à Valserres. Nous sommes dans la vallée de l’Avance, qui à pris ce matin un petit air de Sibérie, moins quinze degrés ! Personne n’émet le souhait de s’arrêter ne serais-ce qu’un instant et nous filons en lorgnant sur le soleil qui inonde le versant que nous suivons.
Nous pensions trouver des clôtures partout, il n’en est rien. Nous cheminons avec peu de contraintes dans cette très belle vallée et, quelques heures plus tard, Chorges est en vue. Aimable, la factrice locale nous donne des tuyaux et nous prenons pieds dans la cité Cathurige. Deux amies qui nous font une navette de voiture nous préviennent que le bord du lac de Serre Ponçon, contrairement à la semaine précédente, n’est plus skiable.
Qu’à cela ne tienne, en deux temps et trois mouvements, Didier, originaire de Chorges, nous trouve six vélos, et le moyen de les faire récupérer ce soir. L’itinéraire est plaisant, et les automobilistes surpris de nos équipages (nous avons les skis sur nos sac à dos…) Nos moyens de transports occasionnels seront abandonnés à la plage de Boscodon, où nous rechaussons nos skis, et gagnons Embrun par la digue du lac. Arrivée à 17h30. Bob nous attendais avec quelques douceurs locales et un repas de fête. Alors nous avons fait la fête comme il se doit.
J3 : Bizarre, ce matin il plane quelques brumes dans nos esprits. 7h15, tous les skis sont chaussés, et on y voit à peine. Aucune clôture ne barre notre route, ce qui est préférable vu la vitesse à laquelle nous descendons dans la plaine, pour longer les falaises d’Embrun. Aujourd’hui encore il fait très froid (moins 12°). La neige porte moins, et très rapidement nous ne trouvons plus que de la poudreuse. Une personne pressée de se rendre à son travail refuse de nous prendre en photo (pas le temps) et une autre sollicitée pour la même tâche se prend au jeu et n’arrête plus de nous mitrailler. Sauf quand le froid la mord elle aussi.
Direction Châteauroux, puis nous suivons une voie royale, large, enneigée, avec de très belles vues sur la Durance, de temps en temps de trucs qui passent en faisant « tchou tchou » nous arrivons à la fontaine pétrifiante. Un bon casse croûte dans l’estomac, quelques traces de skieurs et de raquettes, et nous doublons St Crépin. Un gros morceau reste le passage de la carrière, et nous déchaussons sur environ 200 mètres. Une courtez et raide descente dans les pins nous ramène au bord de la Durance, et le sport recommence dans une forêt abominable, comme on peut en trouver au bord des rivières. Enfin, un vague chemin se laisse entrevoir et nous le suivons jusqu’à Rama, puis l’argentière en traversée par la voie verte, le Pont Gamoney et enfin la route des traverses. Il est 18 heures, nous avons fait 38 km et il fait nuit.
Demain, nous reprendrons notre traversée à cet endroit pour nous rendre au Lauzet
Si si Marcel était cité dans le message laissé par Dominique Stumpert ainsi que tous les participants de la traversée. Mais vous n’avez peut être pas lu le message alors j’ai réparé l’oubli qui avait de quoi fâcher je le reconnais. Excuses.