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24
Classé dans (Histoires de Montagne, Non classé) par Ecrins le 24-01-2010

On pourrait appeler ça une cote d’alerte. Nos ordures débordent jusque par dessus le Toit du Monde, le sommet de l’Everest, à plus de 8000.  On a souillé la « mère des vents », nom tibétain de la montagne. Logique que ça ne sente pas la rose ici bas.

Plus de deux tonnes de « détritus » abandonnées. Des bouteilles d’oxygène, des tas de cordes, des vieilles tentes, des drapeaux de prière, « et au moins deux cadavres », recense Namygal Sherpa, 30 ans, qui a gravi déjà sept fois l’Everest.

Namygal va conduire, entre avril et la mousson, une expédition népalaise d’une vingtaine de membres dans ce qu’on appelle la « zone de la mort », là où l’oxygène se fait trop rare pour vivre. Objectif redescendre les déchets à raison de 15 kilos par homme à chaque voyage. Un curieux challenge.

Cette expédition sera une première, une vraie « audacieuse et héroïque » avoue le Sherpa. Tout ça pour quoi ? Récemment sur le Web, une amoureuse de la montagne confiait son désarroi. Elle venait de visionner un documentaire célébrant l’ascension de l’Everest pas un groupe d’alpiniste roumaine, au prix de la vie d’un Sherpa. Tragédie sobrement éludée par le commentaire tout à la glorification du pseudo exploit des roumaines. Qui ignore encore que de parfaits néophytes sont couramment « hissés » là haut, juste une question de fric. On se doute que bien des agences de trekking avec pignon sur sommet omettent de vérifier que les Sherpas bénéficient d’une assurance au profit des éventuelles veuves et orphelins… Est-ce que ça refroidit leurs fortunés clients ?

Donc que les Sherpas vivent et crèvent de la conquête de l’inutile, on le savait. Ce qui est nouveau c’est qu’ils se transforment en éboueurs de l’impossible, à nouveau au péril de leur peau pour ramasser la m… laissée par leur glorieux « clients » dans le giron de la Mère des Vents.

« Vous êtes priés de laisser les lieux aussi propre que vous souhaiteriez les trouver ». C’est le genre de panonceaux que l’on trouvait dans les WC des bistrots de campagne autrefois. Apparemment, ce genre de sagesse n’a jamais atteint le cerveau de prétendus alpinistes… Au moins ceux qui tels Strangl affrontent l’Everest sans assistance respiratoire ne laisse pas derrières eux leurs bouteilles vides et même peut-être consignées.

 

 

dominiquePar Dominique Stumpert

La traversée à ski de randonnée d’un département alpin vécue et raconté comme une expédition lointaine par un guide de haute montagne chevronné.

J1 : 7h30, température moins 12°. Tous nos vêtements sont sur nous, et nous sommes impatients d’entrer en action. Départ de la limite du département sur la RN85 en présence de Monsieur Jean BEVERAGGI du Comité Départemental du Tourisme, d’un journaliste du Dauphiné Libéré et de Christophe Rosanvallon, venu tourner quelques image du début de ce périple (et qui, pris au jeu, restera toute la matinée).
Très bonne neige qui porte et nous permet de glisser rapidement entre bois et vergers, et de gagner les rives du canal de la Durance tout près du village du Poët. Nous suivrons le canal surplombant la vallée jusqu’à La Saulce, avec des paysages grandioses ; villages perchés prisonniers des neiges, maisons Provençales aux couleurs rehaussées par ce blanc océan, quiétude des eaux calmes du canal, et partout des dizaines de sommets aux apparences « himalayennes ».
Nous progressons à bonne allure face à un petit vent du nord mordant, qui, ajouté au bruit de nos skis sur la neige dure, nous empêche d’entendre l’autoroute pourtant proche.
Nous n’avions pas remarqué sur nos cartes que le canal passe en siphon sous une petite rivière, Le Béoule. Bien que peu profond, aucun d’entre nous n’accepte de se mouiller les pieds.

Un peu de réflexion, quelques astuces et un bon plan d’action viendront à bout de cet obstacle (pont de l’autoroute toute proche, désescalade du pont, regroupement derrière la haie de cyprès, récupération du souffle et des esprits, sprint effréné sur la bande d’arrêt d’urgence, histoire de ne pas y traîner trop longtemps. et …arrivée sur les lieux d’une équipe de patrouilleur…

Aïe j’aime pas qu’on me tire les oreilles. Promis, on ne le fera plus M’sieur!) . Nous voilà repartis de plus belle, jusqu’à ce que l’autoroute enjambe le canal. Là, pas la moindre chance de ruser, même un souriceau ne pourrait passer. Pourtant le constructeur à laissé accessible un « trottoir » étroit, juste au dessus de l’eau et sans rambarde, si tu glisses, tu te baignes !

Analyse des enjeux et gestion du risque, réconfort des indécis et nous voici de l’autre coté. Les vergers aux troncs à l’écorce rose des pommiers se succèdent, une habitante nous conseille le meilleur chemin, des arboriculteurs en train de tailler leurs arbres nous saluent du haut de leurs plate forme roulantes alors que nous glissons vers Curbans.

Déjà le soleil décline et fourbus, nous nous hâtons vers Tallard où le repos nous attend. Bonne journée dans les jambes, il est 18 heures, l’étape s’est globalement déroulée comme prévu, et 42 km ont été parcourus. Mais pas un de plus qui nous avancerait pour demain….

J2 : 7h15, température moins 11°. Une fois de plus, tous nos vêtements sont sur nous, chaudes vestes en duvet et Gore Tex pour couper le petit norois qui nous glace. La proximité de la Durance rend l’endroit humide, ce qui accentue la sensation de froid. Départ du point exact où nous sommes arrivés hier.

Coincés entre falaise et rivière, nous sommes contraints de suivre la seule route de l’endroit, jusqu’à Lettret. Dès que possible nous quittons cette route pour traverser de nouveaux vergers, qui trop rapidement laissent la place à une forêt « folle », sans chemin ni entretiens.Le paradis des sangliers skieurs.

Après quelques échauffourées avec les baliveaux du lieu, nous débouchons sur de larges prairies qui nous conduisent à Valserres. Nous sommes dans la vallée de l’Avance, qui à pris ce matin un petit air de Sibérie, moins quinze degrés ! Personne n’émet le souhait de s’arrêter ne serais-ce qu’un instant et nous filons en lorgnant sur le soleil qui inonde le versant que nous suivons.

Nous pensions trouver des clôtures partout, il n’en est rien. Nous cheminons avec peu de contraintes dans cette très belle vallée et, quelques heures plus tard, Chorges est en vue. Aimable, la factrice locale nous donne des tuyaux et nous prenons pieds dans la cité Cathurige. Deux amies qui nous font une navette de voiture nous préviennent que le bord du lac de Serre Ponçon, contrairement à la semaine précédente, n’est plus skiable.

Qu’à cela ne tienne, en deux temps et trois mouvements, Didier, originaire de Chorges, nous trouve six vélos, et le moyen de les faire récupérer ce soir. L’itinéraire est plaisant, et les automobilistes surpris de nos équipages (nous avons les skis sur nos sac à dos…)

Nos moyens de transports occasionnels seront abandonnés à la plage de Boscodon, où nous rechaussons nos skis, et gagnons Embrun par la digue du lac. Arrivée à 17h30. Bob nous attendais avec quelques douceurs locales et un repas de fête. Alors nous avons fait la fête comme il se doit.

J3 : Bizarre, ce matin il plane quelques brumes dans nos esprits. 7h15, tous les skis sont chaussés, et on y voit à peine. Aucune clôture ne barre notre route, ce qui est préférable vu la vitesse à laquelle nous descendons dans la plaine, pour longer les falaises d’Embrun.

Aujourd’hui encore il fait très froid (moins 12°). La neige porte moins, et très rapidement nous ne trouvons plus que de la poudreuse. Une personne pressée de se rendre à son travail refuse de nous prendre en photo (pas le temps) et une autre sollicitée pour la même tâche se prend au jeu et n’arrête plus de nous mitrailler. Sauf quand le froid la mord elle aussi.
Direction Châteauroux, puis nous suivons une voie royale, large, enneigée, avec de très belles vues sur la Durance, de temps en temps de trucs qui passent en faisant « tchou tchou » nous arrivons à la fontaine pétrifiante. Un bon casse croûte dans l’estomac, quelques traces de skieurs et de raquettes, et nous doublons Saint-Crépin.

Un gros morceau reste : le passage de la carrière, et nous déchaussons sur environ 200 mètres. Une courte et raide descente dans les pins nous ramène au bord de la Durance, et le sport recommence dans une forêt abominable, comme on peut en trouver au bord des rivières. Enfin, un vague chemin se laisse entrevoir et nous le suivons jusqu’à Rama, puis l’Argentière en traversée par la voie verte, le Pont Gamoney et enfin la route des traverses. Il est 18 heures, nous avons fait 38 km et il fait nuit.

Demain (hier jeudi 21/01, en fait), nous reprendrons notre traversée à cet endroit pour nous rendre au Lauzet.

A suivre.

PS.  Marcel Molinatti, le fameux, appartient bien à l’expé traversée des Hautes-Alpes. Il était cité en réalité, mais effectivement dans le message laissé ici par Dominique. Excuses, Marcel….

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Six guides et sportifs du Pays des Ecrins ont entrepris un raid original : rallier Sisteron à la Grave en ski nordique. Une robuste randonnée départementale de 168 km, à défaut de la traversée de la Cordillère Darwin tentée à l’automne dernier par l’expédition Un Rêve de Darwin conduite par Yvan Estienne.

Un des membres de ce Rêve inachevé fait partie de la nouvelle expédition et l’aventure est ouverte à tous ceux qui veulent s’y joindre. Et c’est gratuit : il suffit d’appeler Dominique Stumpert au 06 08 21 39 49 pour participer, à son gré, à son rythme.

Mais d’abord, un petit flash back.
1/Embuez vos lunettes ou votre masque de ski…
2/Plongez la tête un bon moment dans un congélateur *** réglé au max…

3/Tentez de déchiffrer le mode de préparation d’une boîte de surgelés, imprimé en corps 5, et en Chinois de préférence, sachant que les idéogrammes sont de toute façon dans le désordre et qu’il en manque…

Si vous tentez cette petite expérience – un rien givrée– vous aurez alors une idée du curieux défi qu’a été le Rêve de Darwin, tel que s’en souvient un de ses membres : Dominique Stumpert, guide de haute montagne au Pays des Ecrins. Et encore, imaginez qu’un brouillard aussi opaque que laiteux persiste à vous cacher l’emballage d’un surgelé pourtant gros comme le mont Shipton-Darwin, 2 500 m d’altitude.
« On a été bien secoués », reconnaît Dominique Stumpert, 56 ans, Alsacien d’origine, Pelvousien d’adoption et de cœur, 60 ouvertures de voies à son compteur. Mais de déception, point. « J’ai pris ça comme des vacances », rit ce « vieux » complice d’Yvan Estienne, chef de l’expédition Un rêve de Darwin.

Moins de trois mois plus tard, Dom remet ça avec d’autres guides des Ecrins. Presque sans crier gare. Un message posté à minuit le 17 janvier sur ce blog :
–Après être allés chercher de la neige, des paysages somptueux et de l’aventure aux quatre coins du monde, voila que l’hiver nous offre la même chose à notre porte ; le département des Hautes Alpes est enneigé du sud au nord. Cela lui donne des airs de Laponie, et l’occasion est trop belle pour ne pas profiter de pareilles conditions « chez nous ».

Une petite équipe de hauts alpins (du pays des Ecrins) s’attaque dès lundi à la traversée du département en ski de fond, en 5 jours, de Sisteron à La Grave….

Lundi, c’est-à-dire ce 18 janvier, ils étaient partis. Certes le raid est moins raide que la cordillère Darwin au Sud du Sud de l’Amérique latine, le dernier frisson glacé des Andes avant le Cap Horn. Le parcours est honnêtement balisé : un itinéraire bien tracé sur l’équivalent de 32 feuilles format A4. La neige est splendide, le temps magnifique.

Et pourtant dès le premier jour des obstacles imprévus se sont dressés sur le chemin des skieurs… Des obstacles dû cette fois non à l’hostilité de la nature, mais aux aménagements humains… Un siphon qui coupe  la piste, un Béoul infranchissable, un pont autoroutier redoutable, une bande d’arrêt d’urgence glissante…

Dominique nous a promis un compte rendu de son cru et bien sûr nous allons suivre cette nouvelle expédition, grâce aussi aux images de Guillaume Christian dès qu’il trouvera un spot WiFi de qualité pour les transmettre (désolé pas de satellite dispo).

D’ores et déjà une confirmation : l’aventure commence bien dès qu’on glisse une spatule hors de chez soi…
A destination de ceux qui seraient tentés de suivre la trace de Dominique, Guillaume et leur compagnons dont Martine de Vallouise et Didier instituteur au Pays des Ecrins, je republie les étapes de la semaine.

Mardi 19, décollage ce matin à 7 heures : de Tallard à Embrun par la vallée de l’Avance, Chorges, Savines, Embrun.

Mercredi 20 : Embrun, Châteauroux, St Clément, Chanteloube, l’Argentière-La-Bessée.

Jeudi 21 : l’Argentière La Bessée, Villard Meyer, Prelles, St Blaise, Les Queyrelles, Chantemerle, Monètier, Le Casset, Le Lauzet.

Vendredi 22 : Le Lauzet, col du Lautaret, Villard d’Arène, La Grave, les Fréaux et limite du département.

Pour se fixer rendez-vous un seul numéro : 06 08 21 39 49.

 
Enfin session de rattrapage, sur l’Ice Climbing du Pays des Ecrins, perturbé par la neige, mais ça n’empêche rien, la preuve vue sur le blog de Guillaume Coquin
http://guillaumecoquin.wordpress.com/2010/01/10/we-aux-ecrins-snow-et-glace-au-hasard/
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jan
11
Classé dans (Ils aiment les Ecrins) par Ecrins le 11-01-2010

J’en ai rêvé, et vous aussi, Sophie a déclenché.

Regardez… Nous y sommes. Enfin presque.

http://sofisofiblog.over-blog.com/article-rayon-de-soleil-sur-les-ecrins-42740610.html

Dans un autre genre, André Bernard s’envole au-delà des 11 000 signatures à sa pétition : Oui au Parc des Calanques de Marseille, Non à la réserve intégrale excluant l’Homme comme dans les plus beaux cauchemars intégristes. André, qui est guide par là bas, m’avait promis des documents exclusifs démontrant que ce parc était en vérité un sacré pastis de Marseille (un doigt de pastaga, un nuage de trouble). Dès qu’il me les transmets je vous les fait passer, promis… Certains devraient devenir rouges, comme les boues du même nom, les boues de la honte.

Catherine Destivelle est désormais la marraine officielle du combat de Dédé et autres calanquistes. Nous ici, au pays des Ecrins, ça ne nous étonne pas : on l’avait élue apparemment avant qu’elle ne se détermine. Ca ne nous empêche pas d’être heureux…

Lisez ici et vous saurez pourquoi…

http://les-calanques.org/dossiers/actualite/catherine-destivelle-marraine-de-l.html

Amitiés à Dédé et à la reine Catherine… Et pour le fun, j’ai piqué ça à quelqu’un qui l’avait volé à quelqu’un qui l’avait emprunté à un autre, mais je le rends sur simple demande…On est sur le Wild Wild Web, non ?

Ca me fait penser à l’Ice Climbing qui vient de se dérouler (500 participants, un nouvel élan) à l’Argentière-la-Bessée. Et aussi à un sujet encore plus hot. Le sort des glaciers… Il faut que pense à vous en parler demain, j’ai un scoop. Avec l’exclu de Dédé, ça fera deux.

jan
10
Classé dans (Non classé) par Ecrins le 10-01-2010

Il y a des mots capables de crever le mutisme d’un blog inanimé.

Voilà. Ca parle de la Mère Montage. Ca me console et me rapproche du merveilleux Pays des Ecrins.

« Mère Montagne… Mère ambigüe, qui met à l’épreuve la solidarité de mon corps avec les choses. Car si je me risque : chaos, mêlée des origines, espace inculte ignorant la géométrie, partes intra partes, fait des coins qui ne savent pas qu’ils sont des angles, d’empiètements et de chevauchements prêtant à la confusion entre le réel et l’imaginaire…

L’alpinisme est une morale de la libération, il permet de voir les choses à leurs vraies dimensions, qui par nature ne nous sont pas appropriées.

Et aussi bien, pour apprendre à supporter les hommes, il est bon de s’entraîner avec des rochers et des crevasses (…) Le monde humain comporte l’équivalent de la douceur perfide de la neige… »

C’est de François George, alias François-George Maugarlone, écrivain et philosophe, 62 ans, déjà auteur d’une Histoire personnelle de la France. Il vient de récidiver chez Grasset avec Présentation de la France  à ses enfants, une frise des paysages de la France saisis dans leur intime, un bas relief baroque dont on se délecte des ombres portées.

Un prodigieux voyage pour même pas 20 € : drôle de pays que cette mosaïque à laquelle Vauban s’évertua à conférer la forme d’un ouvrage défensif, un hexagone.

Allez-y vous m’en direz des nouvelles.