Amusant le dernier message d’Annick Estienne, la femme d’Yvan, chef de l’expé Un Rêve de Darwin sur www.unrevededarwin.fr …
–Tout le monde est de retour sur le continent, fatigué mais heureux… Encore quelques démarches administratives, une journée de repos à Punta Arenas (avec visite-hommage à ces monuments que sont le FitzRoy et les Torres del Paine), puis l’avion lundi (ce 2/11) et la maison mardi.
Allez zou, les gars, tout le monde à la maison, à table. Tout le monde vraiment ? Eh bien non. Car les enfants d’Annick, Ludivine et Yann, ne seront pas dans l’avion du retour…
« Lu », nantie désormais d’un sommet patagon, que lui ont décroché pour ses 30 ans son petit frère et ses copain guide file sur Santiago où l’attend une copine.
Yann, 27 ans, fils des Ecrins et cadet de l’expé (il est aspi), lui, a fait un choix original : il revient illico sur la Cordillère Darwin toutes affaires cessantes. A priori, pas pour se lancer dans une traversée intégrale en solo que la cordillère a refusé à son père. Mais pour passer quelques jours ou semaines de vacances sauvages. Destination la Baie Yendegaïa , l’ancien territoire des indiens Yamanas, où l’attendent José, sa copine belge, les steacks sauvages et les chevaux itou, l’estancia kilométrique d’el senor Ted Turner…Alors Yann a laissé partir les autres dont son presque double, Mathieu Carlhian, l’autre jeunôt de la bande.
–Mon Yann a pris goût à l’équitation, sourit Annick. Il va aussi naviguer jusqu’au Cap Horn avec Marcel (le skipper belge du Ionara qui a convoyé Darwin 1). Je suis ravie qu’il prenne goût au bateau.
Elle dit ça Annick parce qu’elle-même « met les voiles » sous peu à destination des Caraïbes pour un séjour de plongée (« les mers chaudes, c’est mon équilibre » dit la femme du guide de haute-montagne). Bref, vous l’avez compris la Maison Estienne va fermer pour quelques semaines pour cause de « retour à la vie normale ». La vie normale à la sauce Estienne, comprendre nomade.
A l’âge (tendre) où les mômes d’aujourd’hui pleurent pour une PSP, une Playstation, une Wi (j’en sais quelque chose) le petit Yann se levait à 3 heures du matin et se jetait entre les jambes paternelles pour qu’Yvan l’emmène en course avec lui. Et parfois ça marchait. Bien, tellement bien que le fils a mis ses crampons dans ceux du paternel.
La bougeotte est-elle affaire d’hérédité ou de mimêsis ? Vaste débat. Pouquoi pas « nurture », ce subtil concept (darwinien en diable) anglo-saxon qui fait la part des deux (inné et acquis pour ceux qui sont en terminale « L ») et de tout un tas d’interaction entre nature et expériences singulières ?
Alors disons que lorsque l’on est né aux Ecrins, aux Vigneaux précisément, sous le toit des Estienne (tout une épopée ces Estienne) l’aventure s’inscrit dans la « nurture » des choses.
Et c’est ainsi que Yann affamé se ressert une part de cordillère rien que pour lui. Un cavalier entre dans le champ de la caméra. Panoramique sur le coucher de soleil sub-polaire. Une oie de Kelt s’envole . Beau générique de fin non ?