A ne pas manquer dans le Parc national des Ecrins : un rendez-vous nature fabuleux, samedi 10 octobre, avec le plus grand rapace d’Europe. L’opportunité rare d’un séjour au Pays des Ecrins pour tous les amoureux authentiques de faune sauvage.
C’est à l’automne, quand la montagne roussit, que leurs amours s’envolent. Vols synchrones, duos, courbettes, offrandes… Grâces de géants planant aux sommets des chaînes montagneuses comme alimentaire.
En Dauphiné, le gypaète se faire encore rare, pour autant l’année 2009 a été riche en observation dans les Ecrins.
Malgré ses près de trois mètres d’envergure, le gypaète barbu, plus grands des oiseaux d’Europe, est un rescapé en convalescence.
Divers contes et sornettes en avaient fait un ogre mythique accusé de décimer les troupeaux de moutons voire d’emporter les petits enfants dans son nid pour les dévorer. Le même genre d’abominable réputation a été faite au condor des Andes (vultur gryphus). Un vautour qui, en dépit de ses 3, 50 de voilure, n’a jamais pu physiquement prendre son envol avec une proie, sauf dans Tintin et le Temple du Soleil…
En Europe, dans les Alpes, le rapace témoin des exploits des Whymper et autres pionniers de l’alpinisme, a donc été « éradiqué » –abattu, piégé, empoisonné, bref assassiné— au début du XXe. Tout à fait disparu dans les années 1930, il a été réintroduit depuis 20 ans à grand frais (on parle de 9 millions d’euros !) et au prix d’une campagne pédagogique. Oui, ce vautour à la barbiche de plumes est capable de briser les os — la base de son régime- en bombardant les rochers. Mais, charognard et non pas ogre sanguinaire, il se nourrit de carcasses d’animaux morts. Un formidable recycleur doué c’est vrai d’un phénoménal gosier qui peut gober, de-ci de-là, un lézard ou une tortue !!! (S’il en reste).
Aujourd’hui, après deux décennies d’investissement, l’espèce serait à nouveau viable, à même de survivre « de ses propres ailes » à l’échelle de l’arc alpin. Plus ou moins 130 individus, une dizaine de couples reproducteurs actifs. A priori, un solde démographique positif. Mais tout cela reste précaire.
Pour en avoir le cœur net, une campagne prospection internationale a été programmée ce samedi 10 octobre.
Les responsables du Parc national des Ecrins vous convient à y participer par des observations sur des postes fixes accessibles facilement, en voiture ou à pied (c’est mieux !).Un guide d’identification du gypaète barbu, une fiche et une carte d’observation vous seront remis pour cette journée. Toutes les photos, les notes seront utiles. Vos yeux aideront à sa réinsertion.
Une opportunité unique d’assister à un spectacle unique : la parade nuptiale d’un rapace fabuleux et hyper-protégé !!! Tout en contribuant à sa sauvegarde.
Et si le spectacle n’est pas garanti, comme disait Kant : « Le bonheur ne se vit pas, il se mérite. » Aux pays des Ecrins tout est prêt pour vous recevoir, organiser votre séjour bref ou prolonger autour de cet extraordinaire rendez-vous nature.
Informations et inscriptions : Christian Couloumy, tél. : = 33 (0)4 92 43 23 31 christian.couloumy@ecrins-parcnational.fr Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
Voir aussi : www.ecrins-parcnational.fr
Pour préparer son séjour aux Pays des Ecrins : www.ecrins.latitude-gallimard.com
Pour préparez votre œil, cette vidéo amateur. Je vous recommande un grand moment : le chassé croisé du gypaète et des traînées de d’un avion…. Un paradoxe en condensé.
Dire que je me targue de ne jamais manquer de rêvasser sur les épitaphes…. Et j’étais passé à côté de la citation gravée au pied de la statue d’Edward Whymper, le conquérant de la barre des Ecrins, le plus grand alpiniste des temps héroïques : quand les sommets des Alpes étaient encore presque aussi vierges que la Cordillère de Darwin aujourd’hui.
Je me dois une baffe. Car voici ce que l’on lit sur ce monument d’acier couleur du temps qui fuit, érigé l’été dernier pour le centenaire du bureau des Guides des Ecrins, à la sortie de l’Argentière-la-Bessée…
« Guide : ce métier est celui qu’il faut apprendre quotidiennement et qu’on n’en finit jamais d’écrire. C’est le métier d’homme. Est qu’est ce qu’un homme ? C’est un être debout qui se hausse sur la pointe des pieds pour apercevoir l’univers. »
L’auteur ? Les auteurs ? Ni philosophes, ni poètes. La phrase provient d’une étude consacrée aux guides de haute montagne par Jean-Olivier Majastre, un anthropologue-alpiniste (ça existe aussi, eh oui !, lecteur de Pierre Bourdieu, de surcroît) en collaboration avec Erik Decamp. Bien sûr c’est une dédicace à tous les guides et tous les … Hommes.
Qu’ajouter ? Qu’on espère en 2009 (on en est sûr en fait) que l’homme dont il est question englobe les deux sexes qui sont l’humanité. Et qu’une autre option consiste, non à se hausser sur la pointe des pieds, mais à se hisser (escalader au besoin) sur les épaules de géants…
L’occasion de se remémorer que Whymper, aimanté par les sommets alpins vierges, fut aussi découvreur d’horizons plus « horizontaux » . Equateur et Groenland. Il démontra vers 1870 que l’Arctique se pouvait pénétrer grâce à des chiens de traîneaux et en rapporta une collection de plantes fossiles qu’il déposa au British Museum de Londres. Yvan Estienne, entre autres, guide au Pays des Ecrins, et chef de l’expédition « Un rêve de Darwin » à de qui tenir à sa manière.
Autre leçon : ce blog désormais s’efforcera de (ré)explorer les joyaux naturels que recèle le pays des Ecrins. Des Ecrins pour vos (nos) émotions. Et pas plus tard que tout à l’heure, juré.