Darwin bon baisers de l'équipeA priori ça y est, les « Darwinautes » (ci-dessus) de l’expédition française Un Rêve de
Darwin ont pris la mer
ce matin – enfin– cap sur Bahia Oceano, le point de départ,
à proprement parler, de l’expédition, qu’ils devraient atteindre dimanche soir ou lundi.  

Mais l’aventure à déjà commencé…

L’aventure on la reconnaît à son grain, plus ou moins abrasif. Gros grain concernant le
rapatriement  en France du benjamin de l’équipe, Mathieu Maynadier
, 26 ans.
Fractures aux deux pieds, selon le site officiel du Rêve de Darwin. Pas eu d’explications à l’heure
où j’écris ce billet, sur la cause d’un accident –fatalement aussi triste qu’absurde— qui prive
l’expédition  d’un des talents les plus prometteurs –et d’un garçon chaleureux– de l’alpinisme
françaiset Mathieu de sa part de rêve. Le jeune guide  haut-alpins a réalisé l’an dernier une
remarquable première en Alaska avec le Groupe excellence alpinisme de la fédération des
Cubs alpins. Juré qu’il y en aura beaucoup d’autres et des plus belles encore, Mathieu.
On le le souhaite avec nos meilleurs vœux de rétablissement

En grain plus fin, quelques « broutilles » , comparées à la mésaventure précédente :
vents administratifs contraires, manque d’eau à bord,  ont retardé l’appareillage de 48 heures. Vous
le lirez en détail sur le Carnet de voyage de l’excellent site de l’expé, notamment sous la plume
de Ludivine Estienne. Car un regroupement familial semble s’être opéré. La fille d’Yvan Estienne,
juriste et globe trotteuse, a retrouvé son père Yvan, guide au Pays des Ecrins
– le  « papa » de l’expédition — ainsi que son frère Yan, jeune guide, qui accompagne son père.

Reste au pays des Ecrins Annick, leur mère et épouse, qui tient la barre de la
Maison Estienne aux Vigneaux, le gîte familial, tout en se sentant une âme de « femme de marin »,
nous y reviendrons. 

A l’heure qu’il est, La Nueva Galicia, avec les Darwinautes à son bord, devrait croiser
les sillages de Charles Darwin et du Beagle
 ainsi que ceux de l’expédition française
du Romanche et plus de l’écrivain Jean Raspail, auteur de « Moi, Antoine de Tounens,
roi de Patagonie ». Il ne manque que les indiens Alakaluf, « nomades des mers »  « civilisés »,
avec plein de guillemets  en forme de pincettes. Ils transportaient depuis des millénaires
 le feu à bords de leurs canots. D’où le nom de Terre de Feu que donna Magellan
au passage entre le continent et le Horn.

Une ancienne légende indienne dit qu’une cité mythique, sorte d’Atlantide des glaces,
se cacherait dans la Cordillère de Darwin. Yvan Estienne et ses compagnons l’atteindront-ils ?

A suivre ici et sur http://www.unrevededarwin.fr/.  

PS. On croit comprendre depuis chez nous que le mal de mer sévirait dans l’équipage.
Des hauts-alpins qui n’auraient pas le pied marin ? Non, sans blague !