Par JPP.
Le débat chauffe dans les bivouacs numériques (camptocamp.org). Une pétition a déjà récolté 5000 signatures (à l’heure ou j’ai signé). Oui, il faut sauver la liberté d’escalade dans les Calanques de Marseille à La Ciotat ! Car sa pratique paraît peu ou prou menacée, à l’instar la sieste anisée à l’ombre des cabanons, par la création d’une future réserve nationale qui préservera –enfin !– ce sanctuaire d’un redoutable prédateur omnivore et bipède, mammifère aussi redoutable qu’invasif et proliférant. Qui ça ? Ben voyons, vous et moi, bien sûr.
Nous appartenons, comme 5,999 milliards d’autres spécimens, à cette espèce qui a décidément mérité depuis l’origine l’exclusion de tout paradis, aussi vertical et aride fut-il. Aussi vertes et pures soient ses intentions, le grimpeur des calanques appartient, ne lui en déplaise, à l’espèce en question, sous –embranchement de l’ escalanquistus heroïcus ou calanquiste jouisseur. Té pauvre, il a qu’à se dépêcher à jouir de ses falaises, condamné qu’il est à une double peine d’exil.
Bon, qu’on ne compte pas sur moi pour nier que l’humanité a démontré combien elle était nuisible à son propre écosystème (un porc dans sa souille, me dit ma copine Corinne, fermière bio, et je te parle pas du lisier…).
C’est tristement prouvé, scientifiquement irréfutable, vrai de vrai trois fois hélas. C’est plus fort qu’elle, l’humanité. D’ailleurs, elle se condamne (à terme) elle-même à disparaître. « Bon débarras », comme l’écrit Yves Paccalet, un montagnard très très vert pour son âge ?
Mais de quoi je me mêle ? Après tout, les calanques ne sont pas ma tasse de Ricard. Ici au Pays des Ecrins, on a le génépy, Ailefroide (attention : essuyer ses chausson avant de pénétrer sur le Pré de Madame Carles !!!), des blocs, des parois et même un truc phénoménal –si, si, je vous jure– pour grimper dessus qui s’appelle le Pelvoux… Et, avec ça, tout un massif naturellement équipé pour ce genre d’activités. D’accord, il n’y a pas la mer… mais des lacs, et puis la haute montagne ça vous à une de ces gueules… Et surtout on a aussi, depuis lurette, un grand Parc National des Ecrins dont je n’entends personne se plaindre (en tout cas à haute voix) et qui n’interdit pas l’ascension.
N’empêche, aux Ecrins on se sent solidaire des calanquistes nos frères. Au nom des irréductibles Vaudois qui trouvèrent, ici, un sanctuaire, j’ose affirmer que ce territoire béni ne rejettera aucun des nouveaux réprouvés de l’escalade libre. Au contraire… Car on est ici totalement favorable à la réintroduction de l’homme dans la nature (je sais, à l’origine c’est le slogan d’une marque, mais fallait pas être un aigle pour le trouver…)
Attention, une réinsertion raisonnée de cette espèce menaçante et non pas menacée. Au prix de précautions et d’une (ré)éducation qui favorise au préalable l’introduction du sens de la nature dans l’homme. Et nous avons, sur place, tout ce qu’il faut pour organiser des stages de la sorte. Dans le plaisir et le bonheur, faites un séjour aux Ecrins et vous verrez.
Si vous voulez ajouter votre pierre au débat sur les Calanques libres :
http://www.camptocamp.org/forums/viewtopic.php?pid=1157090
Pour soutenir nos frères calanquistes, signez là :
http://www.escalade-calanques.fr/
Pour la suite du mouvement en faveur de la réinsertion de l’homme dans la nature, restez fidèle à ce blog. Nous vous ferons prochainement part d’expérimentations réussies au Pays des Ecrins. A bientôt.