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Classé dans (100 ans des guides en Ecrins) par Ecrins le 14-08-2009

Par Claude Albrand

Écrins du pied de l'arrête sud du Glacier Blanc © Guillaume Christian1942. Hélico, on ne connait pas. 400 tonnes de matériaux montés à dos d’homme ! Le guide Jean Giraud dirige le chantier de construction du refuge du Glacier Blanc.

Les porteurs doivent traverser le glacier avec leurs charges. Il faut nourrir ces hommes. On va faire franchir le glacier à une vache. De la viande plus facile à hisser sur pieds, qu’à transporter en lourds quartiers. Il faudra tout de même treuiller l’animal dans la descente du classique couloir rouge, équipé d’un câble sous le Serre Soubeyran.

Puis, tailler, à la hache, un semblant de sentier sur la glace que la vache puisse emprunter.

Sur le chantier du futur refuge, un boucher attend. Le glacier servira de réfrigérateur. A l’époque, il commence à quelques dizaines de mètres du refuge, à la même altitude.

Un peu plus tard, vers la fin de la guerre, le glacier tiendra aussi lieu de sépulture à un soldat allemand abattu par un ouvrier nerveux. Tombé dans la rimaye et recouvert par les chutes de pierres, le corps n’a jamais été retrouvé. Est-il possible qu’il soit prisonnier d’une poche glaciaire, tel un nouvel Oetzi momifié ?

« Bizarrement », aucun des ouvriers ou chef de chantier n’a été invité lors de l’inauguration du refuge du glacier blanc, en 1948.

A quelques pas de la moraine — bien visible– qui a marqué l’extension maximale du Glacier Blanc au petit âge glaciaire encore (1600 à 1815), se trouve l’ancien Hôtel Tuckett. En réalité, derrière cette appellation aussi ronflante qu’ironique, il s’agissait à l’origine d’un bivouac, installé depuis 1862 au bord du lac du même nom, et transformé en cabane.

En 1886, il devint un refuge en dur, nanti vers la fin du siècle d’une toiture à deux pans. Hôtel plus fabuleusement étoilé, par nuit claire, que tous les palaces du monde.

La cabane Tuckett a fermé ses portes. Elle a été restaurée en mini musée en 1986.