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Classé dans (100 ans des guides en Ecrins) par Ecrins le 12-08-2009

Par Claude Albrand, guide

Deux heures du matin, en direction de la face Nord Est du Coolidge.

Seul dans la nuit, sur l’étroit sentier en faîtage de la moraine du Glacier Noir. Peur ancestrale, comme une crainte préhistorique (…) Je sursaute au moindre caillou poussé par un chamois encore plus peureux.

Lutter contre l’envie de faire demi-tour (…)

J’ai retrouvé la sérénité dans la difficulté du couloir (…) Il a été nommé, en 1966, Couloir des Marseillais par ses premiers ascensionnistes, le guide Jean-Pierre Fédéle et Jean-Max Bourgeois, deux Marseillais adoptés par Pelvoux (…)

Après coup, j’ai simplement suggéré que « dérobé » conviendrait aussi : le couloir est caché à la vue, tant que l’on n’a pas atteint sa base.

« Dérobé » est devenu l’appellation la plus usitée. Je crois que les « Marseillais » m’en ont toujours un peu voulu …

Ce jour-là, l’ami Yves et un collègue « galéraient » dans la voie Bonatti, face Nord du Coolidge, parallèle au couloir. Ils m’ont dit, plus tard, avoir envié ma vitesse.

On va toujours plus vite en solitaire et j’étais en solo. Sans doute aussi, les conditions du couloir étaient meilleures que « leur » face…

Avant 7 h du matin, j’étais de retour au village. La famille dormait encore…