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Classé dans (100 ans des guides en Ecrins) par Ecrins le 11-08-2009

Par Jean de l’Esseillon

Un sentier d’escalade paysager accessible à tous avec peu de métal et où l’on peut toucher la paroi…

Dans l’esprit du guide Lionel Condemine, c’est cela une via ferrata. En toute simplicité montagnarde.

Ce Savoyard diplômé de l’ENSA – l’école nationale des guides de Chamonix– a installé son camp de base dans les années 1980, au futur Pays des Ecrins, en pleine reconversion touristique liée au déclin des activités industrielles de Pechiney à l’Argentière.

papillon Isabelle

A Freissinières, dont l’emblème est un papillon rarissime;, le papillon Isabelle, il ouvre un gîte, la Cure. Puis, quelques années plus tard, rénove une bâtisse pour en faire l’hôtel Les 5 saisons. Le gîte, le couvert et la découverte de la montagne ; et, à l’intention des non initiés, un sentier d’interprétation vertical, entre escalade et randonnée, dans la Grande Falaise, en surplomb de la vallée de Freissinières.

C’est ainsi que Lionel crée la première via ferrata jamais ouverte en France. Nous sommes en 1989. Voilà 20 ans. Un anniversaire à part dans le grand anniversaire des cent ans du bureau des guides des Ecrins.
Au fil des années, le ferratisme lui-même a gagné ses galons, avec le soutien de la FFME et de fabricants spécialisés comme Petzl. Aujourd’hui,  plus de 100 itinéraires du genre existent en France, dont 15 dans les Hautes Alpes, département le mieux équipé en la matière.Débuts héroïques. Avec la complicité du maire de l’époque, René Dörr, une ligne téléphonique désaffectée fournit les câbles ; le buzz alpin assure la promotion.

La via ferrata originelle, fidèle à sa configuration de 1992, offre toujours un point de vue différent sur la montagne. Sinon celui du papillon emblématique, celui des oiseaux d’altitude. Elle a eu depuis des petites sœurs : Les Vigneaux, Les Gorges de la Durance…

Lionel CondemineDe son côté, Lionel Condemine confie qu’il n’aurait pas imaginé la dimension « foraine » qu’ont acquises certaines activités « périphériques » de montagne dont la via ferrata. Il déplore à la fois que l’esprit « grimpe » des premières vias ait disparu derrière l’aspect purement ludique de certains parcours. Tandis que le niveau technique d’autres les réserve, au contraire, à un public d’Ironmen.

Il faut s’adapter à la montagne et non l’inverse, ne cesse de prôner Lionel.

Sa philosophie pionnière –disons naturaliste, gourmande, amoureuse—, il l’exprime dans un petit ouvrage savoureux, rédigé et illustré de sa main. Un opuscule réédité à l’occasion du 20e anniversaire de la via ferrata de Freissinières, aux antipodes du topoguide froid comme de la brochure touristique et qu’il faut absolument se procurer pour retrouver les racines de la via.

Dormillouse par M.DurandFreissinières, ses milliers de fleurs au cm2, ses 13 hameaux dont certains coupés du monde l’hiver, ses quatre exploitations agricole, ses 183 habitants, offre le cadre le plus authentique, le mieux préservé, à cette philosophie roots. Un petit territoire d’exception, un sanctuaire qui sert d’entrée alternative au Parc des Ecrins, en guise de préface « nature » au grand parc.

Par commodité, un bus dessert les communes environnantes mais emmène aussi les touristes et randonneurs vers Dormillouse… Un bus nommé désir d’ailleurs. En voiture.

Hôtel des 5 Saisons