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Classé dans (100 ans des guides en Ecrins) par Ecrins le 10-08-2009

Par Frédo Jullien

…Je me souviens d’avoir bataillé dans les voies d’Ailefroide avec les copains quand nous grimpions pieds nus « comme Edlinger », et que nous finissions les grandes voies les pieds en sang mais trop fiers pour nous plaindre.

Un jour à Buoux après un sixième vol dans une voie bien trop dure, je me résous à descendre. N’ayant pas prévu le maillon rapide et ne voulant pas laisser un mousqueton, je crispe une prise main gauche et de l’autre main, je me décorde passe la corde dans un ring puis me rattache.

C’est à ce genre de « miracle» que le directeur de l’ENSA a fait allusion lorsqu’en entrant en formation de guide, il nous a souhaité la bienvenue

si vous êtes là, c’est que vous avez eu beaucoup de chance…

Bien avant de penser à guider en tant que professionnel, je me suis  lancé seul dans des traversées de massifs montagneux et de déserts.

Je me laissais guider par les lignes de crêtes, la météo du jour, les oasis, les beaux sommets… avec seulement une direction générale : l’ouest dans les Pyrénées, l’est dans le Haut Atlas, le nord dans le Sahara mauritanien, le sud dans les Andes.

Ces expériences ont été capitales pour moi. Elles m’ont permis d’acquérir une forte confiance en moi et une bonne connaissance de mes possibilités et de mes limites. Avant de guider les autres, mieux vaut savoir où l’on va soi même.

Durant ces voyages j’ai toujours écrit pour faire partager mes expériences, tout d’abord aux enfants des classes primaires avec qui je correspondais puis ensuite aux adultes. Trois ouvrages relatent mes voyages.

Naviguer dans les grands espaces. Laisser l’espace diluer le temps. S’accrocher aux dos des montagnes pour atteindre leur sommet, traverser des océans de dunes pour trouver l’oasis verte …

Après  ces grandes traversées je ne pouvais pas envisager un autre quotidien que celui qui est le mien aujourd’hui, dans les montagnes, dans le paysage, dans la nature …. en faire partie.

Il me fallait un métier pour faire partager ces milieux aux amateurs de verticalités, d’horizons….

Vraiment, on ne devient pas guide par hasard.