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31
Classé dans (100 ans des guides en Ecrins) par Ecrins le 31-07-2009

Par Guillaume Christian

Tomber dans l’imagerie d’Epinal serait facile, tentant,  tellement idyllique.

Il ne faut pas se méprendre. Le guide de haute montagne n’est pas ce héros qui n’a jamais peur, jamais soif, jamais faim. Le guide a mal aux genoux, le guide est fatigué, le guide doute (…)
Une de mes pires expériences, c’est la chute dans une crevasse d’un client : 1 m 90 tout en muscles. La crevasse masquée par des dépôts d’avalanche. Indécelable. Le piège. Avec mon poids plume je suis passé dessus sans même m’en apercevoir. Lui est passé à travers comme un bouchon happé par un gros poisson.
Ce qui nous a sauvés, c’est un encordement très tendu et une distance nous séparant plus que raisonnable. J’ai été arraché par la chute (…) avant de m’arrêter contre un bloc de glace providentiel. Et voilà « mon anglais » (mon client est un sujet de sa Gracieuse Majesté) pendu les pieds dans le vide dans un gouffre béant, insondable, noir et solennel comme une cathédrale (…)
Quarante minutes plus tard il était à l’air libre, au prix d’un mouflage plus que physique.
Ma plus grande surprise a été de l’entendre dire que l’épisode avait apporté un plus inoubliable à une journée déjà intense !
Je lui ai suggéré que je me passerais volontiers du petit bonus lors de notre prochaine course.

Guide de haute montagne, c’est cela aussi, des doutes, des appréhensions, des questions, des déchirements, une vie familiale difficile, des conditions auxquelles il faut s’adapter, des clients exigeants, des raids à skis à préparer tard le soir entre deux journées de cascade de glace.

C’est aussi le coucher de soleil face à la mer à la sortie d’une belle voie dans les Calanques, le champ de poudreuse dans lequel on fait la première trace, le sommet du Pelvoux au lever du soleil, pour soi tout seul.
Mais tout cela n’est que la partie émergée de l’iceberg. Sous la surface, le guide nage entre deux eaux (…) et une pudeur secrète.

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Classé dans (100 ans des guides en Ecrins) par Ecrins le 30-07-2009

Par Guillaume Christian

Né en 1969, aspi en 1991, guide en 1994.
Autres expériences : dessin,  peinture,  photo, cinéma. Parutions dans la presse spécialisée et généraliste.
La plus belle course : « Le souvenir les rend toutes plus belles… celles que je n’ai pas encore réalisées viendront enrichir un jour le trésor. »

Je n’étais pas spécialement mauvais élève, plutôt dilettante, la tête ailleurs. Ma place, dans la classe, devait me permettre d’envoyer mon regard sur les couchers de soleil hivernaux sur le Vercors. C’était en Ardèche (…)
A un âge où l’on se pose des questions sur son avenir, je suivais les déménagements familiaux dus aux mutations d’un papa ambitieux. En morne plaine champenoise (…) regrettant sans doute l’Ardèche (…), mon esprit vagabondait en rêves éveillés et en lectures : Anapurna premier 8000, puis Frison Roche et Gaston Rébuffat. (…) Et la voilà, la certitude : on peut encore être aventurier au vingtième siècle, cela s’appelle « guide de haute montagne ». J’ai onze ou douze ans et le choix est fait.
Comment un garçon « de la plaine » que rien, par le physique ou la culture, ne prédispose à devenir guide, peut-il être amené à en faire son métier ? Un métier ? (…) On ne devient pas guide grâce à un entretien avec un conseiller d’orientation (…)
C’est ici, à la Barre des Ecrins, que je suis devenu alpiniste, par choix. C’est ici que mon cœur m’a poussé, à quatorze ans, vers des glaciers cachés au fond de vallons sauvages, perchés entre des moraines interminables (ah, la « Bonne Pierre » !).
J’ai aimé la lente montée au dessus du pré de Mme Carle pendant laquelle on espère le Glacier Blanc.
J’ai aimé ce glacier de la Pilatte dont on rêve des heures durant, les pieds qui roulent sur le sentier.
J’ai aimé le soleil qui vous réchauffe, dés le matin, dans les premières longueurs de l’arête sud du Petit Pelvoux.
J’ai aimé les bivouacs au Glacier Noir, face au Coup de Sabre ou au pilier sud ; la descente tardive de l’Aigle après ma première traversée de la Meije.
Jamais il n’y a eu de course poursuite pour aller au pied d’une voie, jamais il n’y a eu de queue dans une gare de téléphérique. Solitude, plénitude, indépendance.
A 21 ans j’ai « passé l’aspi », et j’ai repris la route du Sud, celle du soleil, des horizons lumineux, celle que j’avais toujours aimé. Je voulais être guide dans la haute vallée de la Durance, dans les Hautes Alpes, et le destin m’a déposé à l’Argentière la Bessée, à l’entrée de la Vallouise. C’était en 1991(…). Je n’avais pas envisagé d’autre issue…
J’aime cette phrase de Gaston Rébuffat décrivant le guide, lui faisant présenter à son client les sommets comme un jardinier ses fleurs. Un jardin secret que l’on mérite, que l’on entretient, mais que l’on ne conquiert pas ; il nous apprivoise, un peu comme le renard du Petit Prince.
(…) Le guide embellit la montagne par le regard illuminé de ceux qu’il y accompagne.
Ce sont aussi et surtout nos clients qui entretiennent notre passion.

Retrouvez la pépite sur le Pré de Madame carle sur Latitude Gallimard

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29
Classé dans (100 ans des guides en Ecrins) par Ecrins le 29-07-2009

Par Robert Exertier

Né en 1956, aspi en 81, guide en 84.
Egalement photographe professionnel, spécialiste des photos sur corde fixe, jusqu’à cent soixante mètres, au bloqueur. Ses images ont fait le tour du monde.
Sa plus belle course : « Celle que l’on ne pensait pas pouvoir faire, et qui devient reproductible ».

1977, je suis étudiant à Nice. Je viens de réussir le diplôme de moniteur de ski.
Je suis peu intéressé par mes études, j’ai décidé de devenir guide (…) J’avais l’habitude de grimper au Baou de Saint-Jeannet. C’est là que j’ai eu l’occasion de rencontrer Patrick Berhault (…) Patrick gravit presque toutes les voies les plus difficiles en escalade libre, ce qui est alors totalement nouveau et révolutionnaire. Il appelle cette façon de faire : grimper en jaune. Pour lui, « jaunir les pitons » signifie « ne pas les utiliser. »
(…) A cette même époque, je grimpe aussi avec Patrick Edlinger, que je connais depuis un an. Je l’ai rencontré à Ailefroide, où il a l’habitude de passer l’été avec ses parents, en réalisant des ascensions dans le massif des Ecrins. Les deux Patrick ne sont pas encore célèbres, et ne se connaissent pas (…) Il me vient l’idée que s’ils se rencontraient et grimpaient ensemble, ils progresseraient très vite, et feraient des miracles. Je vais faire en sorte qu’ils se rencontrent à Nice chez Patrick Berhault.
Dans sa maison, il y a une barre à tractions, entourée par une sangle. En guise d’entraînement, Patrick Berhault passe un doigt dans la sangle et effectue une traction d’un seul bras, suspendu sur un seul doigt.

Les deux Patrick passeront plus de trois ans à grimper ensemble…

Patrick Edlinger restera très attaché au site d’Ailefroide. Il y reviendra chaque été  pendant plus de 10 ans, pour pratiquer l’escalade en bloc et en falaise. Il y ouvrira des passages de bloc d’une difficulté extrême.

juil
29
Classé dans (Médias) par Ecrins le 29-07-2009

Lundi 27 juillet, au journal de 20 heures de TF1, un reportage de Didier Piereschi, Jean Yves Mey et Thierry Valtat, consacré aux guides des Écrins a été diffusé, en voici le contenu :

Image 16

André Giraud : Ce sentier a été construit en 1950 !

Au Pays des Écrins il est la référence, André Giraud, 68 ans dont 50 passés à guider les randonneurs, à raconter sa montagne. Les résidents exceptés, personne ne la connaît aussi bien.

André Giraud : Le glacier faisait 80 mètres de hauteur, et sur le glacier, y’avait des balises.

Pour la première fois, le doyen fait équipe avec Yann, aspirant guide depuis 2 ans. Deux générations, deux écoles de la montagnes confrontées.

André Giraud : Tiens regarde, ça c’est une aile de mouche. On avait des chaussures cloutées.
Yann Romaneix : Les fameuses chaussures à clous. Ca devait être un peu particulier. Effectivement sur la neige ça devait bien accrocher, ça devait éviter de mettre des crampons.

Objectif du groupe aujourd’hui, le sommet de la roche Foriot, à 3730 mètres d’altitude. Une marche de plusieurs heures au coeur du parc naturel, avec étape obligatoire au refuge des écrins. Chaque soir une centaine de marcheurs viennent ici reprendre des forces, car les choses sérieuses vont commencer au petit matin, lorsque les cordées se mettent en marche.

André et Yann n’ont pas choisi le plus haut sommet des Écrins, mais peut-être celui qui offre les plus beaux panoramas. Et même après 50 ans de métier, chaque course est une découverte.

Image 17André Giraud : La montagne elle change sans arrêt, les paysages évoluent ! C’est toujours aussi beau.
Yann Romaneix : C’est le rêve de beaucoup de jeunes guides comme moi de faire 50 ans de carrière et d’être encore présent physiquement, comme il l’est et d’avoir vécu tout ce qu’il a vécu. C’est l’objectif.

Deuxième site d’alpinisme français derrière le Mont Blanc, le Parc des Écrins est apprécié pour sa beauté et ses accès facile. L’ascension du dôme a plus de 4000 mètres peut se faire en famille, à condition d’être bien encadré.

Revoyez le reportage de TF1

Depuis Les Écrins Latitude Gallimard

Raymond Peru est né en 1940, Sébastien Foissac en 1973. Un même amour de la haute montagne les anime et les rapproche. Passage de la flamme.

guides-ecrins-transmission-passionLe guide Raymond Peru est l’un des doyens de la compagnie des Ecrins. Aspirant guide en 1963, au sortir de l’Ecole nationale de ski et d’escalade de Chamonix (l’ENSA), il entame en 2009 sa 46e saison d’alpinisme. Même s’il avoue « lever un peu le pied » à l’aube de ses 69 ans, il n’en continue pas moins de mener des clients au Glacier Blanc, sur le Dôme des Ecrins ou pour une traversée de la Meije, classiques parmi les classiques. « La majorité des gens n’ayant jamais fait de haute montagne rêvent d’inscrire un 4 000 à leur palmarès. C’est tout un travail de pédagogie, de patience, que de les amener à choisir une course d’initiation pour commencer. Mieux vaut en effet réussir une petite course pour débuter plutôt que de rater une première grande ! »

Raymond affirme être resté traditionnel. Escalade l’été, ski de randonnée l’hiver. Comme tout bon guide, il connaît ses limites. « Le but est de faire partager à nos clients des moments d’exception dans un cadre exceptionnel, mais surtout de les ramener vivants dans la vallée. Je ne me lancerai plus seul avec un client dans le pilier Sud des Ecrins… »

C’est la raison pour laquelle il a cédé quelques courses à Sébastien Foissac, l’un des benjamins du bureau, arrivé dans la vallée en 1995 comme objecteur de conscience, avant de faire l’ENSA. Spécialiste de la glace et de l’escalade, Sébastien a trouvé dans la vallée de Vallouise tout ce dont il rêvait lorsque, adolescent, il s’entraînait sur les falaises près de Cahors : un cadre idyllique, du soleil, « des gens actifs et sympas » et une bonne émulation pour grimper, skier, et s’adonner à la montagne.

L’un comme l’autre constatent une baisse de la pratique de l’alpinisme classique au profit de nouvelles disciplines plus ludiques, moins gourmandes en investissement physique et en temps : escalade sur falaise, canyoning, cascades de glace… Tous deux se rejoignent sur une conception souple de leur métier, obligé de se renouveler par la force des choses. Les pratiques évoluent, les modes évoluent, les équipements évoluent, et tous ces éléments convergent pour une plus grande autonomie de leurs clients mais aussi une certaine raréfaction des purs amateurs de haute montagne : Raymond Peru le regrette, mais les guides ont toujours su s’adapter à la demande. Les jeunes aiment le canyon, le surf, le freeride, les couloirs, les goulottes, la via ferrata? Qu’à cela ne tienne, les guides des Ecrins répondent présents, pourvu qu’ils puissent continuer à partager leur passion !

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Classé dans (100 ans des guides en Ecrins) par Ecrins le 28-07-2009

Par Claude Albrand

né en 1943, guide depuis 1969
Est aussi moniteur de ski et a été formateur au ministère de la jeunesse et des sports, en particulier dans les sports de montagne, escalade et canyonisme.
Sa plus belle course : l’accompagnement d’une dame de 80 ans qui souhaitait refaire une montée au refuge qu’elle avait connu… en 1909 lors de son voyage de noces !

Pas une voie extrême à l’autre bout du monde. Même pas un sommet. Ma  plus belle journée de guide, c’est la montée … au refuge des Ecrins !  (…) Je débute et je ne suis pas en position de refuser ce qui n’est pas vraiment une course. André, le secrétaire du Bureau, précise :
-C’est juste l’aller retour au refuge dans la journée. La dame a quatre-vingts ans. Va la voir à l’hôtel chez Roland, à côté, elle attend…
Je trouve une petite dame digne, maigre, cheveux blancs, chignon strict, robe noire, bas noirs plissés sur des bottines noires. Elle m’explique d’un trait qu’elle est entrainée : elle habite au cinquième étage sans ascenseur (…)
Sa motivation ? Elle était venue au refuge des Ecrins avec son mari, en voyage de noce, en 1909. Ils  n’avaient pu faire le Dôme à cause du mauvais temps mais avaient formé le vœu de revenir… Les enfants, la vie, deux guerres en avaient décidé autrement.  Son mari était mort. Elle était résolue à tenir leur engagement. Malgré ses 80 ans, elle y arriverait.
J’ai économisé pour m’offrir cette course avec un guide…
Puis elle m’annonce que ses malles ont été égarées, qu’elle montera en robe sur le glacier. Avant d’avouer qu’elle est sous traitement pour ses yeux.
Je ne vois assez bien que pendant l’effet du médicament, quelques heures par jour…
Nous partons donc pour dix à douze heures de marche, dont huit heures presqu’en aveugle pour la dame octogénaire. 1400 m de dénivelé à la montée, autant à la descente.
Depuis Ailefroide jusqu’au refuge Caron, elle marche comme à tâtons. Rapide, irrégulière, elle s’arrête aux endroits les plus inattendus (…). Nous échangeons sur la géologie, l’Histoire. Mieux des histoires de vie.
Au refuge, elle commande deux repas, ne touche pas au sien (…) Le gardien, Benjamin, nous a réservé la table la mieux placée, avec une vue splendide sur les Ecrins. Elle regarde sans arrêt vers le sommet étincelant de la Barre et du Dôme. Je la vois à la fois sourire et pleurer.

Moi, je me suis détourné pour cacher mes larmes.

Je ne sais plus son nom, mais je l’ai toujours appelée Mme Lebonheur…

Retrouvez la pépite sur le Dôme des Écrins sur Latitude Gallimard

juil
28
Classé dans (Médias) par Ecrins le 28-07-2009

Lundi 27 juillet, la première chaine a consacré un reportage de 2 minutes au centenaire du bureau des Guides des Écrins. Le reportage montre un ancien guide former un jeune aspi, comparant les années qui séparent les deux hommes, tout en soulignant leur amour mutuel de la montagne et du massif des Écrins. André Giraud et Yann Romaneix ont joué le jeu. Toute la chaine touristique du territoire s’est mobilisée afin de faciliter les conditions de tournage, et avoir la plus belle exposition possible, aux yeux de millions de français, qui, n’en doutons pas, franchiront le pas et viendront passer quelques jours dans cette si jolie partie de la France.

Deux générations de guides, un même amour de ma région

L’article de l’Office du Tourisme

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Classé dans (100 ans des guides en Ecrins) par Ecrins le 27-07-2009

Par Fredo Jullien

Je l’entends encore parler le premier jour, au refuge du Glacier Blanc.
Moi la prise de risque ça me connaît, je suis trader, je gère des portefeuilles, je place, je vends, j’achète… J’aime l’alpinisme car je retrouve un peu en montagne cette incertitude, cette prise de risque par rapport au mauvais temps, aux chutes de pierres, de séracs, aux crevasses …. Ça m’attire.
Le lendemain, nous nous mettons en route. Silence radio, Jacques, le trader, est muet comme une carpe. Je l’entends à peine respirer. Au lever du soleil, en vue du sommet convoité — Neige Cordier 3 700m–, il se plaint.
Si la température chute encore je vais perdre des orteils…
Je le rassure, la température va monter. Un peu plus loin, c’est autre chose.
J’ai l’impression que des ampoules se forment sous mon talon ç’est pas bon signe pour la suite !
Je rétorque que l’on va soigner ça tout de suite (…). En retirant sa chaussure, pas le moindre échauffement. (…) A l’attaque de la pente menant au Col Emile Pic, Jacques implore une pause, prétextant une nausée soudaine. A renfort de thé chaud,  les cours remontent. Mais, au pied de la dernière pente rocheuse, il jure qu’il est exténué, qu’il n’ira pas plus loin.
Physiquement, Jacques va très bien. Mentalement, c’est le crash. Je lui parle.
Jacques, ici nous ne sommes  pas à la bourse, on ne retire pas ses billes quand les cours baissent.  Nous irons au sommet ensemble et aujourd’hui…
Il ravale sa salive, marmonne quelques salades, s’auto encourage :
« Allez Jacques, faut y aller, tu vas y arriver…. »
Parvenu au Sommet, il laisse exploser sa joie.
Merci, c’est un grand jour…
Plus tard, il m’expliquera qu’en réalité, depuis qu’il pratique la haute montagne, il n’avait jamais atteint un seul sommet.
Jusqu’à ce jour-là…

couverture-livreRetrouvez d’autres témoignages, anecdotes, souvenirs et récits dans le livre « 100 ans de Guides en Écrins » disponible aux Éditions du Fournel

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24
Classé dans (Non classé) par Ecrins le 24-07-2009

Par Guillaume Christian

Alors est né le synopsis du film qui s’intitulera L’Ecrin.  Le pitch ? Michel et ses copains guides, Alain et Gilles, se retrouvent lors d’une séance d’escalade à Ailefroide. Michel, qui reprend l’activité sportive après une opération au genou dans l’hiver, veut retourner en altitude et plus précisément au Pelvoux. Gilles pense alors faire l’ascension en suivant les traces des premiers ascensionnistes du Pelvoux, bivouaquant aux cabanes de Provence puis au sommet. C’est ainsi que Michel va se documenter, parler, interroger les deux guides, qui vont narrer l’histoire. Et Michel de s’identifier au Capitaine Durand, par la pensée, nous faisant vivre la première ascension par son imagination débordante (…)

Le capitaine Durand, polytechnicien, était chargé de mesures géodésiques dans le sud est de la France par le ministère de la Guerre. Il vient à Vallouise en 1828, recrute des guides, profession alors inconnue (…) Sur une pointe rocheuse voisine du sommet du Pelvoux, ils bâtissent un signal, un cairn creux imposant, à défaut de pouvoir l’ériger sur la plus haute pointe (…)

En 1830, il remonte au Pelvoux (…) et détermine avec précision l’altitude de la Barre des Ecrins, établissant scientifiquement la prévalence de ce sommet (…) La tempête le bloque pendant une journée supplémentaire, avant son retour dans la vallée.

L’Histoire retiendra qu’il a établi son campement sous la cime de la Pointe Durand, 3932 m. (…) Aujourd’hui le culmen se nomme Pointe Puiseux (3943 m.), et la Pyramide porte le nom du capitaine, Pointe Durand.

Et ses guides ? Qui étaient-ils ? (…) Jacques Etienne Mathéoud et Alexis Liotard  ont préféré guider un étranger à la cime d’un glacier plutôt que de s’affairer à la moisson, à la garde des bêtes, ou toute autre tache usuelle d’un été trop court. Notre idéalisme les imagine en héros (…) Deux ans plus tard, les voici repartis avec le capitaine Durand pour les mesures (…) Guide de haute montagne, un métier était né…

Le film existe aujourd’hui. C’est la découverte pour nous d’un nouveau métier, avec ses interrogations, ses richesses. Il aura fallu écrire, réécrire, finaliser le financement, encore et encore, persuader mes amis Mathieu et Benjamin du Team les Collets Production de nous suivre l’aventure. Au vrai, avec Sylvain, les trois associés de l’Argentière-la-Bessée n’ont pas beaucoup hésité….

Les acteurs principaux jouent leur propre rôle : les guides Gilles Pierrard de Pelvoux, Alain Chèze de la Roche de Rame et André Giraud de Vallouise (…) Le savoir faire de Michel Jullien, acteur de théâtre amateur qui a tenu le rôle de Michel (et du capitaine Durand !) a été capital (…)

Nous avons tourné au sommet du Pelvoux (…) Le défi était de taille : boucler une fiction d’une heure en neuf jours de tournage, avec une double ascension, contemporaine et à la façon de « 1828 », avec un coucher de soleil au sommet sans nuage. Tout à été filmé en situation réelle, aux heures et aux lieux adéquats, sans recours à l’hélicoptère. (…)Avec ses acteurs amateurs, son scénariste-metteur en scène débutant, une équipe technique professionnelle (…) qui fait ses premiers pas dans le domaine de la fiction.

Il a été porté par un enthousiasme qui reflète 180 ans d’alpinisme au Pays des Ecrins. Les larmes que j’ai versées au sommet lorsque nous immortalisions ces trois visages éblouis par le soleil couchant me reviennent à chaque projection (…)

Aujourd’hui pour nous tous, cette fiction justifie son titre : L’Ecrin.

Escalade Aventure, le site de Guillaume Christian
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juil
24
Classé dans (Non classé) par Ecrins le 24-07-2009

Par Guillaume Christian

Né en 1969, aspi en 1991, guide en 1994.
Autres expériences : dessin,  peinture,  photo, cinéma. Parutions dans la presse spécialisée et généraliste.
La plus belle course : « Le souvenir les rend toutes plus belles… celles que je n’ai pas encore réalisées viendront enrichir un jour le trésor. »

Le prétexte, l’occasion rêvée, de faire un livre : 2009, cent ans d’existence du Bureau des guides des Ecrins (…) Un soir, nous avions mis quelques guides autour d’une grande marmite, chacun apportant des ingrédients, des épices, sa touche personnelle. Du chaudron bouillant est sorti un autre projet, tout chaud : un film (…)

Le sujet semblait être une évidence(…) Tout simplement, reconstituer une première ascension marquante. Celle Mettrier accompagné par Eugène Estienne et J.P. Engilberge à la face nord du Col Est du Pelvoux le 23 juillet 1909 ? Toutefois il me paraissait illusoire d’assurer la sécurité d’une équipe de tournage dans cette face ombragée (…) Il fallait revoir la copie.

La lumière est venue de Lucien Giraud, guide de haute montagne : Le Pelvoux, 3943 m, se dresse si fièrement (…) que la croyance populaire en a longtemps fait le point culminant du massif, et ce malgré les preuves scientifiques apportées en 1828 par un certain capitaine Durand, auteur de sa première ascension (…)

Ainsi est né le sujet du film (…) Il fallait encore trouver une équipe de cinéastes, une maison de production (…) Car un tel projet ne se fait pas qu’avec de bonnes idées, il faut également le financer (…) Le « docu-fiction » envisagé était d’une ambition hors de portée pour nos moyens, il fallait le transformer en fiction contemporaine(…). Nous allions la produire par nos propres moyens (à suivre)…

Escalade Aventure, le site de Guillaume Christian
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